Samedi 5 décembre 2009 6 05 12 2009 16:16
PRESIDENTIELLE EN BOLIVIE

Evo Morales, Président sortant, âgé de 50 ans, sera-t-il réelu? On le saura sans doute dès demain, dimanche 6 décembre. Le premier mandat n'a pas été une promenade de santé pour cet indien aymara, ancien leader syndical. Sa pugnacité nous était connue. Sa stature d'homme d'Etat, en revanche, aura été une révélation. Et ce, en dépit de la véritable guerre civile, aux relents évidents de racisme, qu'ont mené contre lui les tenants de la vieille oligarchie blanche dans les provinces qu'elle contrôle, le bilan de ses cinq années de présidence est largement positif.
Ecoutons un éminent économiste de l'Université catholique:
"La radiographie de l'économie bolivienne des quatre dernières années  est globalement positive: croissance moyenne annuelle de 4,5%, inflation bien contrôlée, taux de change avec le dollar stable, réserves très importantes, excédent budgétaire et commercial". Ce serait presque du domaine du rêve, surtout pour ceux qui se souviennent de situations désespérantes vécues par le pays en des temps pas si lointains. Mais les faiblesses subsistent. Dans le domaine de la création de petites entreprises comme dans la persistence d'un marché noir de l'emploi record. Et, surtout, une économie par trop dépendante du maintien des cours des matières premières à un niveau convenable.
Evo et son vice-président Alvaro Garcia Linera, ont toutefois solidement installé un système capitaliste d'Etat (lequel contrôle 35% de  l'économie, dans le secteur des hydro-carbures et de la production minière notamment) qui pourrait permettre à un nouveau gouvernement Morales de donner la priorité à la création d'emplois et de petites entreprises.

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CHILI, l'hommage à Victor JARA

L'un des derniers gestes symboliques de la présidente Michelle Bachelet aura été de monter la garde d'honneur à la tête du cercueil du chanteur, compositeur et poète Victor Jara, chantre du Chili populaire avant et pendant le gouvernement de Salvador Allende. Victor Jara assassiné par les sbires de Pinochet en septembre 73.
Son corps a, trente-six ans après, enfin reçu l'hommage ému du peuple de son pays en une cérémonie chargée d'émotion. Les militants de ce que fût l'Unité populaire, aujourd'hui séparés, se sont retrouvés en cette occasion.
Ecoutons les paroles de Joan Manuel Serrat, l'Espagnol (et Catalan) qui fut l'ami du martyr de la Liberté.
"Ce samedi on enterre Victor Jara pour la deuxième fois. Celui qui a tant aimé la vie va, trente six ans plus tard, promener de nouveau sa mort.
A celui qui viendrait à dire: laissez les morts en paix, je réponds " Les morts sont-ils en paix? Et nous, sommes-nous en paix avec eux?
Depuis les faubourgs de Santiago, depuis qu'il s'agrippait à la robe de sa mère, chanteuse, depuis les rêves de son peuple qui chantait avec lui, qui s'identifiait avec sa Cause en une sorte de mystique, Victor a suivi la même voie des Justes".

Pour tous ceux qui, avec nous, se souviennent de ces heures noires où la démocratie et ses défenseurs étaient abattus, où l'on assassinait les poètes avec ceux qui les chantaient, nous disons: évoquez leur mémoire autour de vous, faites que vos enfants et vos petits-enfants reprennent le flambeau de la mémoire. Celle de Victor Jara, bien sûr, mais aussi celle de Violeta Parra, de Margot Loyola et de Héctor Pàvez.

Antoine Blanca
 
Par Antoine Blanca
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 09:51
Obama nous a fait rêver par le seul fait d'être élu. Européens enfermés dans le terre-à-terre d'un quotidien sans perspective, nous avons parfois regardé  le nouveau venu sur la scène mondiale comme une incarnation de la  nouveauté. Peut-être de l'espoir. Au point que d'aucuns se sont mis à attendre du grand et élégant bonhomme un autre avenir  à l'échelle planétaire, proche de l'impossible.
Oubliant quelque peu la situation désastreuse dont il était l'héritier. Désastre économique et financier, déséquilibres sociaux et sanitaires, 30% de citoyens privés de soins médicaux. Et, naturellement, une diplomatie discréditée, des forces armées démoralisées et éparpillées, livrées aux appétits voraces de l'insatiable industrie de l'armement.
Peut-être aurait-il fallu mieux écouter, entendre son discours.
Dans sa campagne électorale il s'était pourtant efforcé d'avancer avec prudence. Sagace, il paraissait déjà mesurer, avec un remarquable sang-froid, l'énormité de la tâche qui l'attendait.
 
La réalité politique tout d'abord: même en disposant théoriquement d'une majorité confortable, au Sénat comme à la Chambre des Représentants, Obama savait qu'il devait convaincre avant de vaincre le conservantisme naturel de certains de ses amis officiels. Dans cette fédération d'Etats, chacun dispute avec pugnacité sa parcelle, grande ou petite, d'autorité. Le nouveau président savait qu'il ne pouvait se battre sur tous les fronts à la fois. Il annonça clairement son choix prioritaire: la réforme du système de santé dont le principe ne pouvait être remis en cause, proclama-t-il avec fermeté. Il faut reconnaître que les choses avancent dans le bon sens. Même si c'est avec une lenteur qui nous paraît,  souvent, presque insupportable.

Choix prioritaires aussi en matière de diplomatie et de défense. Un continent va être seul, pour l'essentiel, l'objet de toute son attention: l'Asie (choix dans lequel nous incluons l'Asie de l'ouest, autrement dit le Moyen-Orient).
En Irak il prétend contribuer à consolider le nouvel Etat et des forces armées démocratiques afin de créer les conditions du départ rapide de l'US Army. Obama ne veut pas qu'elles se transforment en force d'occupation. Assurer durablement la stabilité ne sera pas, le président américain le sait, une mince affaire. Car la guerre civile peut éclater à tout moment, entre chiites (majoritaires) et sunnites (accoutumés à l'exercice du pouvoir), entre gouvernement central et kurdes fiers et jaloux de leur nouvelle autonomie.
 
En Afghanistan, Obama vient de décider, c'était prévisible, de renforcer sa présence militaire. Afin de se donner les meilleures chances de pouvoir passer, sans restriction et la tête haute, le relais à un gouvernement représentatif de tous les Afghans. A partir de 2011, échéance confirmée.
Le scepticisme domine, parmi les alliés naturels comme dans la grande presse occidentale. Mais la communauté internationale, l'ONU en premier lieu, approuve avec vigueur, même si c'est avec un enthousiasme un peu forcé.
Pourtant tout autre décision du nouveau président aurait été taxée d'irresponsable, voire d'aventuriste.
 
Obama, en politique intérieure comme en politique internationale, a su décider, faire des choix douloureux. Il pense avoir suffisamment à faire sur le continent asiatique, de Baghdad à Téhéran, de l'Inde à la Chine, du Japon aux deux Corées, pour prêter une attention forte à l'Europe et à ses propres voisins des Amériques. Il laisse ces parties du monde à Hillary Clinton et à ses autres ministres.

Nous voulons ici simplement tenter de comprendre et, si possible, d'expliquer. Cela ne vaut pas approbation. Compréhension peut-être?  Il nous semble en tout état de cause important d'analyser avant de juger ou, pire, de condamner.
En cas de découragement, donnez vous un peu froid dans le dos: un monde où un Mac Cain aurait été le personnage central.

Antoine Blanca
Par Antoine Blanca
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 12 2009 09:26
Tableau touchant au "Grand journal" de Canal+, le 30 novembre. Borloo, Cohn-Bendit sont les invités de Denizot. Le thème du jour est, bien entendu, le tout prochain Sommet de Copenhague que ce blog a tant de fois évoqué. On se tutoie sur le plateau, comme dans une cour de récré, on s'appelle par son prénom. L'ex-Dany le Rouge fait étalage de son bagout intarissable et désordonné. C'est brouillon à souhait, cela se voudrait convivial. Cordialité appuyée de petits joueurs de billes.
Jean-Louis et Dany, Dany et Jean-Louis brassent de milliards virtuels, se refèrent, l'un et l'autre, à "Nicolas". L'inspirateur "d'Europe Ecologie" veut même se donner des airs de confident de l'hôte de l'Elysée. Il vante la super activité déployée par l'ancien maire de Neuilly, laissant entendre qu'il est à peu près le seul à vouloir, dans l'univers rétréci des Chefs d'Etat et de gouvernement, le succès de la réunion de décembre...Rien de nouveau. pour un observateur assidu des agissements de l'individu Cohn-Bendit. Le ex-anar de Mai 68 joue depuis trop longtemps le même rôle.
Mais cette fois il le fait sans talent, sans effort pédagogique: un blablabla inintelligible parce qu'inintelligent. Jean-Louis semble, lui, être attablé au "Café du commerce" et pérore sans retenue ni mesure,  s'efforçant de  rivaliser avec la verborragie de son copain d'émission. Troisième invitée, une jeune journaliste de Libé n'a droit, elle, qu'à quelques bribes de phrase. Une témoin presque silencieuse. Le vide autour de la néophyte est perceptible, presque vertigineux.  Ou peut-être ne dit-elle rien parce qu'elle n'a tout simplement  rien à dire.

L'important est ailleurs: Cohn-Bendit est surtout venu pour manifester son "esprit d'ouverture". Nicolas devrait être content de Dany. Ceux qui croyaient encore, dans nos rangs, avec naïveté, que le député européen était homme de gauche auront été édifiés par l'énoncé de son constat: "la droite a révélé des véritables militants écolos comme toi, mon cher Jean-Louis, mais aussi Kosciusko-Morizet, ou Hirsch, alors qu'aucun représentant de la gauche ne s'est manifesté comme tel..." On ne saurait mieux confirmer que l'intervenant ne se revendique pas homme de gauche. L'a-t-il d'ailleurs jamais été?
Si on lui avait posé la question à Canal+, sans doute notre brouillon de culture aurait dit, comme d'autres l'ont fait avant lui en d'autres circonstances, qu'il se situait "ailleurs".
Cet "ailleurs" ayant toujours était un palier, un caisson respiratoire indispensable quand on descend vers l'abîme de la droite.

La gauche, dans les vingt régions, soixante départements et  les centaines de communes importantes qu'elle dirige, a donné toutes les preuves  de sa volonté de faire face, à son niveau de responsabilité, aux défis d'une écologie moderne, compatible avec une pollitique culturelle, économique et sociale de caractère progressiste. Presque partout les "Verts" sont ses alliés naturels. Ignorer cette réalité, comme le fait délibérément Cohn-Bendit, témoigne d'un choix politique affirmé. C'est concret, vérifiable.

Il faudra bien, une fois les Régionales passées, contraindre l'intéressé à faire le choix de son camp. 


Antoine Blanca
 
Par Antoine Blanca
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 11 2009 10:09
Mohamed El Baradei est un diplomate égyptien qui a assumé trois mandats à la tête de l'AIEA, agence spécialisée du système de l'ONU qui a vocation à contribuer, dans un secteur particulièrement sensible, à l'équilibre de la planète.
En 2005 il a obtenu le Prix Nobel de la Paix.
Vendredi, il s'est adressé avec émotion au Conseil des gouverneurs pour confirmer sa décision de ne pas demander, à 67 ans, le renouvellement de son mandat. Ce musulman officiellement pratiquant a tenu à citer la prière de Saint François d'Assise : "Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix". Pour ma part j'ai rarement connu, hélas, des hommes aussi convaincus de la nécessité pour l'ONU, ses programmes et ses agences, de se consacrer pleinement à leur mission: la Paix et le Développement par l'éducation, l'équilibre alimentaire, le droit à la santé et à la culture.
Mais la contradiction des intérêts entre nations est un obstacle souvent difficile à surmonter par les hommes de bonne volonté.
Ainsi mon ami El Baradei n'a-t-il pas pu partir avec les honneurs du succès, succès que son acharnement personnel à réussir dans les dossiers iranien et nord-coréen méritait.
Mais le Directeur général sortant aura, en quittant son poste, un énorme motif de satisfaction: le changement complet d'attitude des Etats-Unis vis-à-vis de l'AIEA mais aussi, nous pouvons l'espérer, des autres agences du système onusien.
Ainsi Hillary Clinton a-t-elle reconnu publiquement que l'agence internationale "ne dispose ni des outils, ni de l'autorité pour mener à bien sa mission" et à annoncé la volonté des Etats-Unis d'oeuvrer avec détermination au renforcement de ses pouvoirs".
Changement radical: Bush junior haïssait d'autant plus l'AIEA (et l'ONU en général, suivant la tradition de la droite américaine), que celle-ci avait démontré qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak ( rapport du chef des inspections, le Suédois Hans Blix).
On peut donc envisager que le successeur de El Baradei, le Japonais Yukiya Amano, pourra compter sur de nouveaux atouts pour avancer dans sa mission.
Notons enfin que l'ambassadeur d'Obama auprès de l'AIEA, Glyn Davies, n'a pas ménagé ses éloges au diplomate égyptien sur le départ: "Il a été un héros. Personne n'a travaillé aussi dur, aussi longtemps et avec autant d'imagination que Mohamed El Baradei".
De bonne augure pour l'avenir.

Antoine Blanca
Par Antoine Blanca
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 11 2009 09:37
Comme nous l'avons précisé dans un récent article, notre Président a décidé de ne pas lâcher d'une semelle son homologue brésilien, Lula . Du moins pendant la période précédant le sommet de Copenhague. La réunion de Manaus était une raison supplémentaire de côtoyer son héros du moment, tout en rappelant ( c'est une bonne chose), que la France, via notre département de Guyane, est un pays amazonien.
Mais le motif de ce long et, du moins le souhaitait-il, rapide déplacement, était de figurer sur la photo avec tous les Chefs d'Etat des pays de la région: le Vénézuelien Chàvez, le Colombien Uribe, l'Equatorien Correa et le Péruvien Alan Garcìa. Et, faut-il le dire, de son nouvel ami éternel brésilien. Tout le monde devait savoir que Sarkozy est le plus proche compagnon des amis émergents!
Opération ratée. Doublement ratée même: l'aéroport de Manaus a été fermé pendant plusieurs heures à cause d'un accident climatique (durée du transport retardée d'autant) et, à part l'hôte Lula, aucun des présidents attendus ne s'est rendu à la réunion. Il ne fallait d'ailleurs pas être grand clerc pour le prévoir: la Colombie et le Venezuela affectent d'être, l'un contre l'autre, sur le pied de guerre. Tandis que le reste des pays intéressés ont, entre eux, de sérieux conflits frontaliers.
Mais il n'est pas question, pour l'hôte de l'Elysée, de tenir compte des avis de nos ambassadeurs dans les capitales intéressées. La seule annonce de sa venue devait, estimait-il, avoir un effet d'électro-choc pacificateur. Hélas ces ignorants des pays amazoniens ne réagissent pas comme des Préfets de Région de l'Hexagone. Ils ne connaissent rien des vraies valeurs.
(On conseillerait aux pays des mers chaudes de décréter préventivement l'état d'alerte. Sarko va, en effet, se rendre au sommet caraïbéen et, après le drame climatique du bassin de l'Amazone, son arrivée pourrait déclencher là-bas les premières tempêtes de neige tropicales de l'histoire de la météorologie).
                                                      ********
VENEZUELA-IRAN: Chàvez mollah d'honneur
Mahmoud Ahmadinejad vient d'effectuer son quatrième voyage officiel à Caracas. Tapis rouge au palais de Miraflores et déploiement de la Garde bolivarienne en tenue de gala. Depuis 2006 c'est d'ailleurs la neuvième fois que le président du Venezuela rencontre le mal-élu iranien. Lors de la grande crise consécutive à la protestation contre la fraude massive électorale, Chàvez avait, par exemple, tenu à apporter publiquement son soutien à son "frère" et "camarade (compañero)"de Téhéran.
A son arrivée à l'aéroport de Maïquetia, le frère en question a été accueilli par son hôte avec une chaleur particulière, Chàvez (le pieux) allant jusqu'à affirmer: "Le Christ et Mahomet éclairent notre chemin pour mettre en déroute les menaces de l'empire..."
Au cours de ces trois dernières années les deux gouvernements ont signé 279 accords de coopération dans les domaines de l'énergie, de la pétrochimie, du commerce, de l'industrie, de la banque, de l'éducation, du tourisme,  des télécom, des transports aériens etc...On est allé jusqu'à créer une usine  commune de  fabrication d'automobiles (Veniràn) et une autre pour les tracteurs (Venitractor) !
On précise cependant, de part et d'autre, qu'il n'est pas question de recherche d'uranium, ni d'activités communes dans le domaine du nucléaire.
La balance commerciale, favorable à l'Iran, porte sur des échanges évalués, au début de l'année, à 6 milliards de dollars.
Décidément Hugo Chàvez adore inquiéter les occidentaux. Y compris ceux qui regardaient avec faveur son combat social dans les domaines de l'éducation et de la santé, comme ils approuvaient la nationalisation d'une partie essentielle des moyens de production et d'échange.

Antoine Blanca
Par Antoine Blanca
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