Dimanche 8 novembre 2009
Georgee Bush Jr. a, sans aucun doute quitté la Maison Blanche. Mais avant de partir il a jeté un sort à son successeur démocrate. A croire que ce sous-doué du cerveau et du coeur a des dons de marabout africain pour jeter des maléfices.
Obama a bien décidé de quitter l'Irak, il a même fixé un calendrier de départ accéléré de ses troupes. Mais la profondeur des divisions haineuses entre chiites et sunnites, la floraison des terrorismes de tout poil, la corruption des successeurs du régime baassiste à tous les niveaux de l'administration, de la police et de l'armée, sont autant de facteurs qui fragilisent par avance la juste décision du président américain.
Obama a décidé de donner la priorité à aider l'Afghanistan à se démocratiser et à se libérer du féodalisme endémique et des fanatiques islamistes. Mais là aussi sa vision généreuse de l'avenir se heurte à un terrain semé de mines explosives de toute provenance. Le régime installé par les républicains de Bush et de Cheney est pourri jusqu'à la moëlle, les forces de l'ordre locales n'aspirent qu'à tirer des profits de la situation et n'hésitent pas, en cas de danger, à abandonner leurs "alliés" aux talibans. Quand ils ne les vendent pas. Le pouvoir pakistanais ne coopére avec les occidentaux que du coin d'un seul oeil.
Dans ces conditions les soldats de l'OTAN se posent des questions: sommes-nous là pour défendre les intérêts de Karzaï, de sa famille de trafiquants de drogue et de son clan mafieux? Mourir pour la patrie, un soldat y est toujours prêt. Mourir pour enrichir des bandits est tout autre chose.
Obama savait bien ce qui l'attendait en héritant d'un prédécesseur allié au monde des fournisseurs véreux de l'US Army, des pétroliers du Texas et des banques affairistes. Mais la réalité n'a rien à voir avec ses pires craintes.
Quant à l'OTAN, dirigée par un personnage réputé pour son conservatisme brutal et par l'étroitesse de sa pensée d'homme  vivant  encore dans la guerre froide, son intervention est assimilée par la grande majorité des Afghans à une occupation.

Il appartient à nos alliés de procéder eux-mêmes à une analyse de la situation et d'en tirer toutes les conséquences.
Mais parlons pour la France. En revenant au commandement intégré de l'OTAN (où nous exécutons les ordres des autres, sans être associés à aucune décision stratégique ou même opérationnelle), Sarkozy a commis une erreur tragique que nous payons du sang de nos soldats. Rapatrions au plus vite nos hommes et quittons le commadement intégré. Nous n'avons rien à faire en Afghanistan, Ce n'est pas, de ma part en tout cas, une déclaration démagogique.
Il s'agit d' un simple constat.
Une Défense européenne, libérée de toute tutelle extra-continentale, reste à construire. C'est un objectif ambitieux que nous pouvons propose à nos partenaires de l'Union.
Antoine Blanca  
Par Antoine Blanca
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Vendredi 6 novembre 2009
Dans les premiers jours de 1989 je suis arrivé à New-York, au siège de l'ONU, investi par Perez de Cuéllar d'une fonction élevée dans cette organisation. C'est dans cette enceinte que j'allais apprendre la chute du mur qui se dressait entre les Berlinois. Les journalistes occidentaux l'avaient baptisé "mur de la honte". Cette définition s'est finalement imposée à tous. Je me suis mis alors à espèrer en un monde meilleur, pacifique, puisque cet événement historique marquait avant tout la fin de la guerre froide. Et sans doute pouvait-on envisager la fin de tout conflit d'envergure internationale.

Depuis sa création, ou peu s'en faut, l'ONU était paralysée dans de nombreux domaines. Pour les grandes décisions, celles en tout cas pouvant impliquer les équilibres fondamentaux, l'accord préalable des deux Grands était indispensable.
Avec l'effondrement du Mur, l'un des deux obstacles disparaissait. Un seul grand empire aurait pu signifier la paix.
Ce ne fut pas le cas. L'ONU rêvait de devenir l'arbitre universel suprême, mais il faut croire que personne ne le souhaitait vraiment. Les moyens nécessaires continuèrent d'être refusés aux grandes agences de développement du système onusien. Et si Bush père avait commencé à débloquer les énormes arriérés sur cotisation que Reagan avait bloqués pendant six ans, ce fut à doses homéopathiques et en exigeant des changements d'orientation et de direction (dont je fus d'ailleurs le premier à faire les frais).
 
Les "marchands de canon"ne peuvent jamais accepter un vrai cessez-le-feu général et planétaire. Leur business, c'est le sang et l'argent des autres.
Alors ce fut la première guerre d'Irak. Elle en annonçait d'autres.

Et puis on se mettra à construire de nouveaux "murs de la honte".  Tout aussi hideux, tout aussi criminels que celui abattu en novembre 1989.
A la frontière des Etats-Unis et du Mexique, une muraille réputée infranchissable dressée contre les misérables venus du sud du Rio Grande.
En Palestine, contre le peuple palestinien lui-même à qui on plantait ainsi un poignard dans le dos.

Non, en vérité, les constructeurs de Mur ont encore de beaux jours devant eux. Ces monuments à la laideur ne pourront pas, soyons en sûrs, être visités un jour par des touristes amateurs de belles choses, comme ceux qui viennent admirer la Grande Muraille de Chine.
Ceux qu'on construit aujourd'hui insultent le paysage et les gens qui l'habitent. Ils engendrent la désespérance par leur absence d'humanité.

Antoine Blanca
Par Antoine Blanca
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Mercredi 4 novembre 2009
Il suffit de passer quelques semaines dans notre France profonde, celle toujours marquée par la ruralité fondatrice de son identité, pour mesurer combien la perversité électoraliste du clan élyséen aux commandes cible,  avec une justesse diabolique, les préoccupations de la majorité de nos concitoyens. Le rabâchage de thèmes qui peuvent paraître désuets aux esprits se proclamant sophistiqués,-- ceux touchant par exemple aux symboles de la Nation, à la sécurité des biens et des personnes,-- répond incontestablement à des inquiétudes confusément exprimées.
Bien entendu, à mes yeux, il s'git  là de campagnes honteuses, qui se proposent de jouer sur toutes les peurs. Mais aussi sur des sentiments xénophobes inavouables.
C'est le cas de l'offensive lancée, obéissant sans aucun doute à des instructions présidentielles opportunistes, par M. Eric Besson.
Un grand débat national sur l'identité française? Qui pourrait le refuser? Sauf qu'il a été décidé unilatéralement, brutalement, qu'il va être forcément bâclé par des instances administratives départementales prises au dépourvu.
Une fois de plus on veut manipuler une grande cause pour des motifs misérables, innomables, aussi vils qu'inavoués.
Nous, hommes et femmes de gauche, devons mesurer notre réponse, sans nous laisser, comme disent les sportifs, prendre à contre-pied.
Comment ne pas sourire, cependant, quand on note que, dès le lendemain de l'annonce du "grand débat", les résultats d'un sondage était déjà publié. Sondage qui donnait des réponses surprenantes: les Français étaient majoritairement favorables au drapeau tricolore, à la Marsillaise, aux valeurs républicaines! Quelle révélation, quelle merveille!
On précisait même que les gens de gauche aimaient tout autant leur pays que les autres, comme si quelqu'un avait pu en douter...
Mais on se garde de rappeler que le drapeau républicain a été créé par les révolutionnaires, aboli par la droite royaliste en 1815 et rétabli par les Trois Glorieuses et ses trois couleurs définitivement ennoblies par un discours de Lamartine qui devait les graver dans le marbre de l'histoire en 1848.
J'ajouterai volontiers que les héros de la Résistance, dans les années noires de l'occupation, étaient dans leur immense majorité des hommes et des femmes de gauche. Comme l'étaient les réfugiés politiques étrangers qui luttèrent jusqu'à la mort contre les envahisseurs vert-de-gris!
La Marseillaise, je l'ai rappelé dans un précédent article, est autant notre bien que celui de l'humanité progressiste à travers le monde.

Bien entendu tout ce qui vient d'être écrit ne peut répondre efficacement à la campagne simpliste, réductrice, que l'on prétend promouvoir. N'est-elle pas destinée à flatter des réflexes primaires quand notre société est complexe, composite. Nous devons réfléchir à l'actualité des grandes lois laïques à la lumière de réalités nouvelles, parfois brutales et choquantes pour l'esprit.
Mais il s'agit de travailler aux justes réponses à donner aux inquiétudes qui s'expriment sans nous laisser imposer ni les thèmes, ni le calendrier.
Ce sont des choses trop sérieuses pour être abandonnées aux foucades, à l'imprévisibilité d'un Sarko ou à la malignité abjecte d'un Besson.  

Antoine Blanca
Par Antoine Blanca
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Vendredi 30 octobre 2009
Dans les années 1920 et 1930 la droite française ne prenait pas de gants pour exprimer sa xénophobie. De nos jours est plus précautionneux. On préfèrer recourir à l'allusion (Chirac évoquait les "odeurs" qui incommodaient les voisins des Arabes et autres Africains dans les HLM); pris la main dans le sac anti-beurs, Hortefeux prétendait avoir voulu se référer aux Auvergnats (un grand incompris) ; et la sous-ministre itinérante Rama Yade a été priée de laisser le champ libre aux blancs-blancs dans les Hauts-de-Seine pour tester ses chances électorales dans le 95 "où il y a davantage de Noirs" comme elle (le moment se surprise passé, elle a courbé l'échine et soigné son mal de dos).
Mais le fond de la pensée xénophobe reste essentiel en Sarkozye. Il  ne s'agit pas, du moins pour son chef, de racisme primaire ou secondaire, mais d'une manière de s'incliner devant des réalités objectives: les 4 ou 5% de voix piquées dans le panier lepéniste en 2007, doivent rester part du patrimoine de l'UMP.  A cette fin, il faut faire et dire ce qu'il convient. Et laisser les âmes sensibles à leurs lamentations sans y prêter plus d'attention que nécessaire.

Si Sarko a trouvé en Eric Besson l'exécuteur des basses oeuvres dont il rêvait, c'est le Président lui même qui a, et de loin, le discours le plus inquiétant.
En reliant, quand il s'adresse aux agriculteurs, la notion d'appartenance à la terre à celle d'identité nationale.
Il l'avait fait déjà en une précédente occasion, et cela n'avait pas été relevé. C'était dans sa première allocution destinée aux paysans. Dans le Jura, il y a trois jours,  il a été beaucoup plus loin et plus précis.
Le vieux Maréchal avait, l'histoire en a gardé la mémoire,  déjà jonglé  avec ce thème avant d'en faire son axe idéologique de référence.
L'appartenance directe à la terre de France est , affirmait-il en substance, la meilleure garantie de notre continuité, de notre identité, de non enracinement dans la nation.
L'homme de l'Elysée ne dit pas autre chose, en prenant soin d'envelopper le tout de papier de soie...et d'ajouter aux paroles une petite fortune en aides et prêts (fortune prélevée sur un déficit budgétaire déjà vertigineux). On espère ainsi reconquérir un électorat naturel en rebellion ouverte.
C'est le côté pratique de la chose. Sarko ne veut voir, en tout cas , que cet aspect du problème. Il court au plus urgent et ne s'embarrasse pas de nuances, surtout à la veille des régionales.

Mais l'important pour notre pays, son devenir et son avenir, est  ailleurs. Nous sommes héritiers d'un passé de puissance colonial et notre visage a beaucoup changé depuis la fin de la Grande Guerre et  davantage encore dans le dernier demi-siècle. Nous sommes aujourd'hui un peuple milti-ethnique, multi-confessionnel et, d'une certaine manière, multi-culturel. Il suffit d'observer les équipes tricolores sur les terrains sportifs.
Quant aux autres européens qui sont venus en France comme réfugiés politiques (Espagnols, Polonais, Russes...) ou immigrés économiques, qui y ont souvent fondé une famille, se sont naturalisés et se veulent citoyens de plein droit, la définition sarkozyenne de l'identité nationale, en la liant à la terre, les exclut  ipso-facto de la communauté. L'origine hongroise, en ligne directe, de la famille du Président aurait dû le conduire à plus de nuances dans ses paroles.

Mais à quoi bon s'attarder sur ce cas d'opportunisme misérable et désespérant. Tout est petit dans la pensée de ce bonhomme. Avec le temps elle ne peut que se rétrécir.  
Antoine Blanca
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Lundi 26 octobre 2009
C'est désormais bien établi: Monsieur Eric Besson va se charger de la partie "Front national" de l'électorat UMP. Cette partie fascisante de la droite française peut en effet s'avérer, comme en 2007, décisive en 2010 et en 2012. On veut refaire le coup de l'élection de Nicolas  Sarkozy. Le ministre des charters pour Kaboul ne fait pas les choses à moitié, en matière de trahison.
Son interprétation grossière de la notion d'identité nationale, en ressucitant l'esprit pétainiste, en étalant un prétendu débat sur ce thème dans la durée (deux mois et demi , nous promet-il), pourrait faire son petit effet dans certains foyers toujours tentés par la pratique xénophobe et l'étroitesse de la notion de nationalité.
Mettre en avant la lutte contre le port de la burqa, par exemple, a de quoi surprendre quand on connaît le côté marginal du problème dans notre pays. Ayant passé mon enfance, mon adolescence et nombre de mes jeunes années dans un pays musulman, je n'avais jamais entendu prononcer ce terme.
Aujourd'hui le Ministère de l'intérieur évalue à moins de 200 les porteuses de voile intégral dans l'Hexagone. Mais la campagne qu'on veut lancer, y compris au Parlement, reçue comme une provocation par certains bigots de l'Islam, ne peut que constituer un encouragement à la "burquisation". C'est sans doute le but recherché par les islamophobes qui prospèrent, de fait, à l'ombre d'Al Qaïda. Les extémistes  s'alimentent l'un de l'autre.

Mais ce qui m'a le plus indigné dans le discours du néo-sarkoziste Besson est sa tentative d'instrumentaliser notre hymne national, "la Marseillaise".
Dans certains milieux de gauche on se laisse prendre d'ailleurs au jeu . Par esprit pacifiste sincère, ou simplement par ignorance  historique des événements qui ont donné naissance à notre hymne national.  Un  chant jugé trop guerrier, sanglant comme son étendard... Ils oublient le contexte de la création par Rouget de Lisle de cette marche de volontaires  marseillais allant au combat pour défendre la Révolution, la liberté conquise par le sang du peuple. Menacée qu'elle était par la coalition des rois du reste de l'Europe avec leurs  troupes mercenaires.
Ces bonnes âmes qui font dans la dentelle oublient surtout qu'on ne  lutte pas pour la République en danger avec des berceuses ou des balades enfantines.
"La Marseillaise" est un chant patriotique et non nationaliste, révolutionnaire, non conservateur. Traduit, adapté dans presque toutes les langues, il a été le symbole de la mobilisation anti-monarchiste dans l'Espagne de la seconde République, celle  qui fut abattue par les généraux et l'Eglise au terme d'une impitoyable et longue guerre civile. En 1848 déjà, La Marseillaise fut en Hongrie, comme dans d'autres pays européens, le cri de ralliement des combattants de  la Liberté. C'est "Contre la tyrannie!" que l'étendard sanglant était levée.
En Amérique latine, avec des versions  propres à chacun d'eux, "La Marseillaise" est l'hymne des PS du Pérou, du Chili, de l'Argentine et de l'Uruguay.
Bref, il s'agit d'un chant patriotique venu du peuple de gauche. On veut bien tolérer qu'un Eric Besson la chante aussi. Mais pas qu'il le souille en se l'appropriant.
Mon père, réfugié politique espagnol, m'a  appris à chanter La Marseillaise dès que j'ai pu épeler les lettres de l'alphabet. Je ressens la récente interview du renégat Besson, quand il y fait référence, comme une insulte à sa mémoire.
Ne touche pas à ma Marseillaise!

Antoine Blanca
Par Antoine Blanca
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