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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 16:44

Depuis le début des années 1990 le Brésil, première puissance latino-américaine, ne cessait de s'affirmer tant comme démocratie modèle, que comme exemple de réussite économique. Après les deux mandats de Fernando Henrique Cardoso et ceux de Luiz Inàcio Lula, la présidence de Dilma Rousseff s'annonçait presque triomphale. Au cours de ses premières quatre années à Brasilia, Dilma avait déjà mis à son actif une réduction de 40% du taux de grande pauvreté, amélioré la vie quotidienne des habitants des favelas (introduction massive de l'électricité et de l'eau courante, dotation de centaines de nouvelles écoles primaires, lutte contre la délinquance...). Mais depuis fin 2013 la croissance (qui tournait jusque là à une moyenne annuelle de 7% commençait à s'essouffler, tandis que la jeunesse urbaine étalait un certain malaise. On descendait dans les rues des grandes villes, protestant contre les prix des transports publics ou le coût, jugé anormalement élevé, de la Coupe du Monde de foot. La cote de popularité de la Chef de l'Etat n'a cessé de chuter depuis la fin de 2014. Pourquoi?

Dilma Rousseff est actuellement chargée de tous les maux qui affectent le grand pays. Croissance faible, inflation élevée, baisse du pouvoir d'achat, corruption de nombreux congressistes, tant à Brasilia que dans plusieurs Etats de la Fédération. Et surtout scandale majeur à Petrobras la compagnie nationale chargée des carburants.

Pourtant tous ces problèmes majeurs ne datent pas d'hier. Le parti de gauche au pouvoir (PT de Lula et de Dilma) ne gouverne pas seul. Son principal allié au Congrès, le PMDB que dirige l'ancien président José Sarney, incarne le vieux Brésil, son système caciquiste et népotiste, avec ses petites et grandes compromissions. Le progrès constant de l'économie, qui bénéficiait aussi aux plus humbles, masquait en partie la réalité des problèmes. Ce n'est plus le cas. Comment le pouvoir va-t-il pouvoir gérer cette crise (passagère?).

Ce qui est certain c'est que cette mauvaise passe affecte toute la région, d'autant plus que, pour diverses raisons, l'Argentine traverse une très mauvaise passe morale et économique et que le Venezuela hésite entre anarchie économique et autoritarisme politique. "Où ira le Brésil, ira l'Amérique Latine" disaient certains bons esprits. On est peut-être entrain de vérifier cette maxime venue de Nord...

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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