Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 16:43

Les élections du 24 mai en Espagne concernaient les communautés autonomes (sauf l'Andalousie qui a voté il y a un mois, la Galice et les parlements basque et catalan), la totalité des municipalités, y compris celles d'Euzkadi et de Catalogne, Ceuta, Melilla et les Canaries.

Le grand perdant est le PP, la droite de M.Rajoy (27% des voix contre 37% en 2011). Les socialistes du PSOE ne profitent pas mécaniquement de la lourde défaite des "populaires". Ils perdent même 3 points (25% contre 28 en 2011).

Les nouveaux venus dans l'arène politique sont PODEMOS, CIUDADANOS et quelques autres comme, en Pays valencien, COMPROMIS ('engagement' en langue valencienne). Mais le mouvement Podemos ne s'est présenté nulle part sous son propre sigle. Ses résultats les plus spectaculaires il les obtient dans les deux plus grandes villes du pays, Madrid et Barcelone, mais dans le cadre d'un tissu d'alliances très complexe. Ni Ada Colau dans la capitale catalane, ni Manuela Carmena à Madrid, futures maires, ne proviennent du mouvement fondé par Pablo Iglesias, le jeune homme indigné à la queue de cheval. La première, qui n'avait jamais fait de politique est une activiste ONG contre les expulsions de locataires, la seconde, une juge à la retraite, ancienne militante du PC.

Tout va dépendre des négociations qui vont s'ouvrir entre les socialistes, Podemos, et parfois les 'Citoyens'(libéraux anti-corruption), IU (Gauche Unie philo-communiste). Dans la Communauté autonome de Valence, par exemple, les socialistes peuvent enlever la présidence à un PP réputé très corrompu dans cette riche région, s'ils parviennent à un accord avec COMPROMIS (prononcer le S final). Si les conversations aboutissent entre les socialistes et certains mouvements, dont PODEMOS, le PSOE (qui a déjà conquis l'Extrémadoure), peut prendre plusieurs présidences de régions autonomes (dont celles de Madrid, Valence, Aragon, Castille/la Mancha, Cantabrie et les Baléares, qui s'ajouteront à l'Andalousie et aux Asturies, ses fiefs jamais perdus (la droite ne pourra même pas gouverner seule dans la très conservatrice Castille/Leon.

La carte politique du pays devrait se trouver bouleversée en profondeur. Le patron du PSOE, Pedro Sànchez, s'est montré très ouvert au dialogue, interprétant les résultats comme un coup de barre à gauche bienvenu. Mais on ne peut rien prévoir concernant le comportement futur des nouveaux venus sur la scène. Il existe le précédent andalou: les socialistes dirigent la plus vaste région d'Espagne avec le mouvement centriste C's (citoyens).

Les deux semaines à venir ne seront pas dénuées d'intérêt.

Antoine Blanca

PS: les indépendantistes catalans ont aussi pris un sérieux coup derrière la tête. Leur aile droite (CiU) a déjà perdu leur capitale, et la (sans doute) future maire, Ada Colau, a prononcé son discours victorieux en Castillan...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens