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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 10:14

Le Mexique est, on le sait, le pays hispanophone le plus peuplé. Riche d'une histoire précolombienne (Aztèques, Mayas...) passionnante, son peuple l'avait fait entrer dans le XXe siècle en triomphant dans la première grande révolution sociale des temps modernes (Zapata, Pancho Villa...). Volontairement discret dans sa démarche diplomatique, gérant avec prudence ses 3200 km de frontière avec les Etats-Unis, il a su manifester à plusieurs reprises son indépendance en des moments de confrontation entre l'Oncle Sam et l'Amérique latine*.

Dans ce contexte nous sommes conduits à observer avec une attention particulière la situation politique et économique intérieure d'une nation dont la stabilité est susceptible de garantir celle de toute une région. Dimanche 7 juin on votait dans l'ensemble du Mexique pour élire, notamment, les 500 députés, 900 des maires et 9 des 31 gouverneurs de cette fédération d'Etats dont certains, comme celui de Guerrero, traversent une période tumultueuse. Les résultats de la consultation nous ont rassurés: le parti du président Enrique Pena Nieto, le fameux PRI** (au pouvoir, à l'exception des 12 premières années 2000), garde sa majorité relative et sera en mesure de légiférer avec l'appui de ses alliés, notamment écologistes. La démocratie et le pluralisme sortent renforcés. Le PRI reste bien le parti dominant, mais n'est plus dominateur.

Quoiqu'en disent certains observateurs, l'exécutif est en train de faire avancer le cours des choses dans la bonne direction. La grande criminalité est en diminution (elle a même baissé de 95% dans la grande ville frontière de Ciudad Juàrez) et le gouvernement contrôle de mieux en mieux les forces de l'ordre fédérales. La presse est libre, souvent de grande qualité, et la vie culturelle intense, surtout dans la capitale.

Notre pays, grâce à la sagesse diplomatique des uns et des autres, a rétabli une relation bilatérale que l'aventurisme et les caprices de Sarkozy avait sottement compromise (il avait ainsi annulé les manifestations prévues de l'année de la France au Mexique***). Tant De Gaulle que Mitterrand avaient fait de la relation avec la nation aztèque une priorité. A nous de veiller à sauvegarder ce privilège culturel et économique.

Antoine Blanca

* Ce fut le cas lors de la crise entre Cuba et les Etats-Unis: le Mexique fut le seul gouvernement à refuser de rompre ses relations diplomatiques avec La Havane.
** Parti révolutionnaire institutionnel, une création politique atypique supposée garantir une continuité gouvernementale tout en garantissant une apparence de pluralisme et les libertés fondamentales..
*** Sarkozy avait exigé la libération d'une compatriote condamnée pour délits de droit commun. Démarche maladroite qui avait heurté la susceptibilité des Mexicains.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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