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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 10:39

Il n'est malheureusement pas étonnant que Régis Debray ait choisi de confier à l'hebdo de droite LE POINT ce que la revue qualifie de testament politique (Régis est-il mort?). Depuis son engagement révolutionnaire des années 60, qui l'avaient conduit de La Havane aux terribles épreuves qu'il a subies dans les cachots boliviens, le brillant philosophe qu'il était alors avait entrepris une révision idéologique relativement douce. Après Santiago du Chili, où il avait publié un remarquable livre d'entretiens avec Allende, il avait atterri sur la terre de la social-démocratie à la française en devenant conseiller de la campagne de François Mitterrand en 74. Sept ans plus tard il aura son bureau à l'Elysée. Jusqu'à sa nomination au Conseil d'Etat en 86 (il s'y ennuyait ferme et ne tarda pas à démissionner) il conserva des liens amicaux ou cordiaux avec le cercle mitterrandien. Aujourd'hui, en pleine dérive mystique, ses confessions testamentaires permettent à "Le Point" de faire sa couverture sur son visage torturé de nouveau janséniste avec le titre : REGIS DEBRAY ACHEVE LA GAUCHE. La revue évoque cette dérive comme celle d'un homme qui a parcouru "le chemin tortueux qui mène de Che Guevara à Dieu"...

Moi-même j'ai beaucoup aimé lire celui que j'ai considéré comme un écrivain de talent. Nous étions, du moins en avais-je le sentiment, devenus amis. Quand il agonisait chaque jour dans les basses fosses de la minable dictature bolivienne, je m'étais beaucoup agité auprès des socialistes de France et du monde pour qu'ils interviennent pour lui sauver la vie. Je l'ai connu à son retour du Chili(où Allende l'avait accueilli à sa sortie de prison) et nous avons longtemps partagé notre passion commune pour l'Amérique latine.

Sa haine vis-à-vis de la gauche française n'a d'autre explication que la torture intellectuelle qu'il s'attache à cultiver, comme un mal existentiel dont il ne peut se défaire. De la "Révolution dans la révolution" de ses jeunes années d'enfant de la bourgeoisie révolté, à son rejet violent de ceux qui ne lui firent que du bien, tout témoigne d'un mal de vivre, d'une torture permanente de son être. Cela le conduira-t-il un jour à partager la même tribune avec un Sarkozy? Impensable même si...entre grands mystiques les pensées sont impénétrables!?!?!?

Antoine Blanca

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commentaires

DELANNOY 30/09/2015 21:00

Comme ceux qui, en 1936, préféraient "HITLER que BLUM", il est de plus en plus évident que leurs successeurs préfèrent LE PEN plutôt qu'une personnalité socialiste.L'air du temps est mauvais, comme disait Pierre MAUROY, et je suis très inquiet pour l'avenir de notre République et de la démocratie.Il va nous falloir entrer en RESISTANCE.

Antoine Blanca 18/10/2015 11:26

Contre les totalitarismes, quels qu'ils soient, nous devons toujours promouvoir un esprit de résistance actif. Particulièrement justifié dans ta région, celle de Mauroy et de Salengro, celle qui inspira les auteurs de l'Internationale....

Antoine Blanca 13/10/2015 10:38

En résistance? Je pense plutôt à l'offensive. Fondamentalement nous avons raison. Alors refusons de subir. Et vous, les gens du Nord? Allez-vous permettre l'indécence d'avoir la Marine pour présidente?

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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