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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 11:22

J'avais épousé Florelle la veille et nous étions en voyage de noces. Voyage? Enfin celui qui correspondait à nos moyens de l'époque. Nous nous étions mariés à Villeneuve-Saint-Georges (94), et allions vivre à Combs-la-Ville (77). Le voyage en question avait été réalisé en train de banlieue. Nous apprîmes la terrible nouvelle en sortant d'un théâtre, "les Variétés" je crois, sur le Grands Boulevards: une comédie comme on les aimait alors, avec Bourvil en vedette qui jouait de la trompette. Il devait être 23 heures et des crieurs de "France-soir" vendaient la "dernière", une "spéciale" avec un titre barrant la "une": Kennedy vient d'être assassiné à Dallas!

On a, depuis, beaucoup écrit, enquêté, filmé sur cet événement. extraordinaire. Mais j'ai le sentiment que nos contemporains du XXIe siècle  ont du mal à mesurer la commotion ressentie alors par des centaines de millions de citoyens à travers le vaste monde.

JFK représentait la paix négociée avec un communisme en plein "dégel", une élégance retenue et un langage clair et bien ciblé. Il avait relevé le défi lancé à Berlin par la construction du "mur", mais chacun sentait qu'il saurait contrôler la situation avec sang-froid. Même le couple qu'il formait avec Jackie Bouvier, si fine et élégante, ses tout jeunes enfants, un garçon et une fille, paraissait un modèle de simplicité et de bon goût. Mais par-dessus tout, le Président américain nous rassurait: il n'y aurait pas de guerre, forcément nucléaire. Nous entrions dans l'ère du dialogue permanent et de la cohabitation avec l'autre camp.

Kennedy était vu par le commun des mortels comme une sorte d'Archange de la Paix. Kennedy assassiné, c'était le porte ouverte à toutes les aventures,  peut-être à un conflit mondial. Jean Daniel était aux côtés de Fidel, à Cuba, dans une région montagneuse où une vague de froid les avait surpris. En apprenant la nouvelle venue de Dallas, le "Comandante" avait blêmi, parlé de catastrophe et interrompu son voyage.

 

Depuis, presse d'investigation,  écrivains, cinéastes de talent, la vie elle-même se sont attachés à faire descendre JFK de son piédestal. Les esprits simples en avaient fait une sorte de saint laïc. Un homme politique d'une stature exceptionnelle. Saint, il ne l'était certes pas. D'autant plus que son ascendance directe (un père milliardaire avec de bonnes relations mafieuses , confident occasionnel du tout puissant patron du FBI, une sympathie affichée pour la non-participation des Etats-Unis à la Seconde Guerre qui ne l'empêcha  jamais de financer les campagnes des démocrates.

Quant à l'exemplarité du couple John- Jackie...

Mais le 22 novembre 1963 JFK était porteur d'espérance  universelle. Un fait,  une réalité historique. Un éclatant faisceau de lumières, qu'aucun écrit,  aucun  document d'enquête ne pourra l'effacer. Sa mort a marqué la fin d'un monde, la fin de l'espoir. Je continue, por ma part, à le penser.

Antoine Blanca


 


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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