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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 14:37
Avant la première élection de Rafael Correa la communauté internationale  désespérait de voir un jour ce pays latino-américain, admiré pour la qualité de ses fleurs, la splendeur et la diversité de ses paysages, la richesse de sa côte poissonneuse et celle de son sous-sol, parvenir à une cetaine stabilité politique, un  minimum de continuité gouvernementale.
Avec la brillante réelection du président sortant, elle est rassurée.
Il s'affirme, sans complexe apparent, socialiste. En réalité il s'agit d'un réformiste conséquent, qui a déjà démontré sa volonté de donner la priorité aux plus démunis, c'est à dire à l'immense majorité de ses compatriotes, notammmenta dans la redistribution des richesses du pays.
Depuis son arrivée au pouvoir la manne pétrolière, par exemple, a permis une amélioration des services gratuits de santé et un renouveau de l'enseignement public. Dans ce pays à la géographie tortueuse faite de montagnes, de hauts plateaux et de fleuves puissants, rugissants, il a engagé un programme ambitieux de construction de routes et de création de transports publics. Ce n'est pas du rêve: les programmes sont déjà en voie de réalisation.
Pour poursuivre l'oeuvre commencée il est vraisemblable que le Président réelu comptera sur une courte majorité absolue au Parlement. Les élections ont été limpides et c'est pour respecter la tradition que tel ou tel opposant suggère l'existence de fraudes, en se basant sur la modernisation du système de vote.
Correa a fait, l'an dernier, adopter sa réforme constitutionnelle. Et la réponse a été positive, massive. Là aussi les résultats des différents scrutins sont incontestables.
Les authentiques réformes, celles qui transforment la physionomie d'un pays, vont donc se poursuivre. Et, si les finances le permettent, s'amplifier. Correa est professionnellement un économiste jugé talentueux par ses maîtres, à Louvain comme à Harvard.
Correa a annoncé sa victoire depuis Guayaquil, le grand port sur le Pacifique et poumon économique du pays. Commune gouvernée par un opposant. Sans doute le futur chef de l'opposition. Il a voté à Quito, sa ville natale, mais a tenu à démontrer que l'homme des montagnes savait qu'en restant juché à 3000m d'altitude il aurait ignoré la réalité de l'univers équatorien: andins, côtiers (noirs, asiatiques, européens, métis de toute sorte...) devaient se sentir part d'une même communauté.
Gouverner sera plus difficile qu'en 2006: la crise, c'est la baisse des cours mondiaux du brut, la diminution du montant des mandats envoyés par les trois millions d'exilés économiques à leur famille, la raréfaction du tourisme... Mais son premier atout, c'est la volonté de cohabitation manifestée par l'électorat. Les équatoriens sont, naturellement, respectueux de l'autre. La tolérance est l'une de leurs vertus.
Ami personnel depuis près de quarante ans de Rodrigo Borja, fondateur en 1969 de la "Gauche démocratique, parti membre de l'Internationale socialiste, ancien Président (1988-1992) respecté pour son intégrité et sa compétence, j'aurais été cependant un soutien ferme, si j'avais voté en Equateur, de Rafael Correa.
C'est que, comme d'autres dans la région, la "Gauche démocratique" a subi la loi de l'idéologie dominante libérale.
Et ce n'est pas ainsi que je comprends mon appartenance au Parti de Jaurès et de Guesde.

Antoine Blanca

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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