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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 12:12
Le récent sommet inter-américain de Trinidad a permis à Obama d'envoyer quelques signaux forts à ses partenaires de la région. Sans annoncer, pour autant un projet cohérent s'inscrivant dans la durée. Si ses quelques annonces n'ont pas surpris, son nouveau style relationnel et les messages envoyés aux cubains (gouvernement et émigrés confondus) ont suffi à faire soufflerdes vents nouveaux. Il était temps: depuis les événements du 11 septembre 2001 on avait le sentiment que le dossier "amériques" était rangé dans les fonds de titoir, tant au Département d'Etat qu'à la Maison Blanche.
Tant que les républicains étaient au pouvoir, je m'en réjouissais: moins ils s'occupaient des latinos, mieux ces derniers se portaient. Nous ne sommes heureusement plus dans ce cas de figure.  L'heure est venue pour que le Président des Etats-Unis, et l'Europe avec lui, configurent un projet nouveau avec un monde qui leur est humainement, culturellement et politiquement très proche.
En ces temps de crise ce projet devrait être, s'il est convenablement adapté, et par conséquent bien reçu, bénéfique à toutes les parties en cause.
La seule administration démocrate américaine qui avait conçu, et commencé à réaliser, un plan ambitieux et s'incrivant dans le long terme, était celle de John F. Kennedy. "L'Alliance pour le Progrès", en pleine guerre froide et alors qu'une partie significative de la jeunesse du Continent regardait Fidel avec sympathie, voulait créer les conditions de l'épanouissement économique et culturel en s'appuyant politiquement sur les forces démocratiques et sociales des pays considérés, avec la participation du système des Nations Unis (PNUD, CEPAL, UNICEF, FAO...) et de l'OEA que Washington serrait de près.
Ce programme de longue haleine commençait d'être appliqué quand Kennedy fut opportunément assassiné.
Johnson enterra rapidement, avec un minimum de discrétion, ces programmes qui ne pouvaient réussir que sur la durée. Le politicard et sulfureux texan reprit aussitôt la politique du gros bâton. Saint Domingue et surtout Brasilia ouvrirent la voie du nouveau cours qui allait mettre la bride sur le coup aux militaires dans tout le Cône sud et aux assassins fascisants dans toute l'Amérique centrale.
Carter n'eut pas la possibilité matérielle de redresser le cours des choses (il signa avec Torrijos un traité historique qui libérait le Canal de Panama, et donna des signes de compréhension aux sandinistes qui allaient abattre la tyrannie des Somoza), et Clinton aida à la consolidation de démocraties renaissantes sans s'illustrer, pour autant, dans la politique latino-américaine qu'il se contenta de gérer.
Avant lui, il y avait eu le désastre de huit années de Reagan, suivies  de quatre années de Bush senior. Difficile de réparer le dégâts.
L'avantage pour Obama est que Bush junior a ignoré le sud du continent, sauf quand la politique intérieure et électorale était en jeu (immigration, drogue, minorités cubaines de Floride).
Le nouveau Président a un boulevard ouvert devant lui pour mettre en oeuvre un nouveau type de relation. Il vient de commencer. à travailler. On comprend son souci d'avancer avec précaution, d'éviter de s'aliéner le Congrès dans sa politique de réformes. Mais on attend aussi, de sa part, une bonne dose d'audace.
Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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