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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 17:35
Ricardo Martorelli est le roi du super-marché. Un milliardaire qui veut, depuis quelques années, s'investir dans la politique. Lors de la dernière présidentielle, il n'avait pas atteint le  seuil de 5% des voix. Cette fois il a employé les grands moyens: l'homme des grandes surfaces à l'échelle de la région a visé l'électorat des pauvres, ceux que Marx appelait le lumpen. Autrement dit la grande majorité des panaméens. Il ne s'est pas embarrassé de principes éthiques et a visé le ventre et la soif de consommation qui habite la  masse de ceux qui se sentent marginalisés.
Avec la crédibilité que lui confère son statut de grand commerçant, il a proposé, par exemple, de baisser les prix des produits de première nécessité. Cette fois il a obtenu près de 60% des voix.
La Constitution n'autorisait pas le sortant à se représenter. Il pouvait pourtant se prévaloir d'un extraordinaire bilan. Le pays a modernisé ses infrastructures (et en premier lieu le Canal qui est le poumon économique et stratégique d'un pays à cheval sur l'Amérique centrale et l'Amérique du sud), consolidé son indépendance et donné un nouveau souffle à ses universités. Martin Torrijos, le fils du général progressiste qui avait rendu le canal à son peuple, demeure lui-même très populaire. Sa réelection aurait été une formalité.
Mais de toute évidence son parti, le Parti révolutionnaire démocratique qu'avait fondé Omar, son père, ne bénéficie pas  suffisamment du rayonnement et du charisme de Martin.
La République de Panama va donc être gouvernée par un propriétaire de chaînes de supermarchés, un milliardaire maladivement démagogique qui n'a d'autre principe que de ne pas en avoir.
C'est d'autant plus inquiétant que tout le monde paraît s'accorder à dire que c'est la volonté de présenter un programme sérieux, réalisable, structuré, qui a perdu le PRD (membre de l'Internationale socialiste). Un parti pourtant fort, officiellement, de 700000 adhérents dans un pays qui ne compte que 2,5 millions d'électeurs! Selon les meilleurs observateurs de la presse latino-américaine, c'est la crainte de se voir taxer de proximité avec Chavez qui a retenu la main des cadres du PRD. "Pas de démagogie, surtout !"
Les pauvres attendaient autre chose, des mesures plus immédiates.
C'est ce qu'a compris le Berlusconi des tropiques.
La technocratie, cette fois, était à gauche avec ses projets à moyen  et long terme.
Chavez sait, lui, parler au petites gens.
Il appartient désormais au PRD de tirer les leçons d'un échec qui peut être limité si l'on prépare bien les échéances à venir.
Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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