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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 10:27
J'avais peine à le croire et je dus vérifier l'authenticité de cette déclaration de M.Aznar: "Si j'avais été aux commandes,  il n'y aurait pas eu de crise!". Même s'il n'est pas le papa de la petite Zohra, l'ancien Président du gouvernement espagnol fait de grosses boulettes. Que dire de son successeur à la tête de la droite espagnole, M.Rajoy, au terme du débat annuel sur l'état de la nation, après cette déclaration: "j'ai battu Zapatero par six à zéro!" . Même les ineffables Berlusconi ou Sarkozy n'auraient osé prononcer de telles sentances.
Mon explication de cette intempérance chronique est celle-ci: en dépit de quatorze ans de gouvernement Gonzalez et de six de Rodriguez Zapatero, les conservateurs espagnols, unifiés aujourd'hui sous la bannière du Parti populaire, se considèrent comme les propriétaires naturels du pays. N'ont-ils pas gagné la guerre civile le 1er avril 1939? Que font donc les héritiers des vaincus, dans les palais gouvernementaux?
Bien entendu il n'est pas question de reprise des hostilités. D'autant que les socialistes exercent le pouvoir avec une prudence extrême, évitant de pousser le feu comme le réclament les familles des dizaines de milliers de fusillés sans jugement, dont on retouve souvent les squelettes sur les bords des routes et que le juge Garzon, parfois bien seul, s'efforce d'identifier afin d'ouvrir les enquêtes correspondantes.
Beaucoup s'impatientent: trente quatre ans après la mort de Franco, ils pensent qu'il est temps, pour eux aussi, de connaître la vérité et d'établir les responsabilités. Pour le principe.  Témoins de cette impatience: les vingt millions de télespectateurs qui regardaient, retransmise depuis Valence, la finale de la coupe opposant, extraordinaire coïncidence, Barcelone à Bilbao. Sur les gradins, la foule de basques et de catalans, se leva, pendant l'interprétation de la "marche royale", pour tourner ostensiblement le dos au terrain. Il y avait des drapeaux républicains qu'on agitait sur certaines tribunes et on entendit même des "mort au Roi!".
Ce sont des symptômes d'énervement, nullement les signes précurseurs d'agitation mettant en péril la paix civile.
Mais la droite, dont les parlementaires proviennent essentiellement de la Phalange, le parti fasciste espagnol (Aznar est fils et petit fils de dignitaires), ou de l'Opus Dei, n'hésite pas, dans ses rassemblements, de faire scander, sur l'air des lampions : "Zapatero, vete con tu abuelo! (va rejoindre ton grand père) [officier fusillé en 36 parce que refusant de prendre les armes contre la République].

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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