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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 11:41
Guatemala:
il y a dix jours ce pays centre-américain s'est une nouvelle fois réveillé avec des nouvelles dignes du plus angoissant des thrillers hitchkockiens. On avait appris la veille l'exécution, par des professionnels circulant en voiture, d'un avocat de 37 ans (Rodrigo Rosenberg Marzano). Et voilà que la presse, internet et les chaînes TV diffusaient une vidéo de 18 minutes, tournée par la victime elle-même, disant en substance: si je suis tué, sachez que l'assassin est le Président de la République, Alvaro Colom. L'avocat affirme avoir refusé de couvrir les agissements du chef de l'Etat et de son épouse Sandra dans de trafics divers gérés par une banque semi-publique, allant du blanchiment d'argent à la vente de stupéfiants.
Il est vrai que le 14 avril, une entrepreneur et sa fille, clients de l'avocat, avaient été liquidés par des tueurs connaissant apparemment bien leur sinistre métier.
Les enquêtes sont en cours, même si beaucoup doutent de leur objectivité. Mais le pays est d'autant plus secoué que depuis une vingtaine d'années une certaine normalité démocratique s'était imposée. Le Président Colom, appartient d'ailleurs à un courant du centre-gauche fort honorable, et n'avait pas mauvaise réputation. L'accusation filmée du jeune avocat, réalisée à la veille de sa mise à mort, a de quoi impressionner dans un pays où les militaires et les organisations d'extrême droite ont fait régner une intense terreur pendant des décennies.
Relisez les oeuvres de Miguel Angel Asturias, Prix Nobel de Littérature (Monsieur le Président, Hommes de maïs etc...) et souvenez vous de la Prix Nobel de la Paix, Rigoberta Menchù, l'indienne qui ne cessa de dénoncer la marginalisation de ses frères et soeurs dans un pays où ils constituent 80% de la population, mais subissent une sorte d'apartheid économique, social et politique.
 Souvenons nous aussi des disparitions massives en territoire guatémaltèque, anonymes quand il s'agissait de paysans misérables, plus connues quand on tuait des personnalités de la gauche salvadorienne comme Hector Oqueli, ou guatémaltèque comme Gilda Florés, de la CIDH (12 janvier 1990).

Brésil:
Le Président Lula da Silva revient dans son pays après avoir visité l'Arabie saoudite et la Chine, entouré de 200 compatriotes chefs d'entreprise. A Pékin il s'est efforcé de convaincre son homologue chinois de réduire sa dépendance de l'économie yankee en renonçant, par exemple, au dollar dans leurs échanges bi-latéraux. C'est l'un des chevaux de bataille du leader brésilien: "nous n'avons pas besoin du dollar, nous devons faire confiance à notre propre monnaie, car nous sommes de grands pays qui n'avons nullement besoin de tuteurs en matière monétaire." Si la très prudente Chine accepte la proposition, ce serait une vraie révolution dans les échanges entre pays émergeants. L'Argentine n'utilise plus le dollar dans le commerce avec son grand voisin, lequel négocie en ce moment un traité du même type avec la Colombie et l'Uruguay.

Chili:
Le 11 décembre aura lieu au Chili le 1er tour de l'élection pour désigner le successeur de la Présidente Michelle Bachelet.
La coalition au pouvoir depuis le retour à la démocratie, composée de Démocrates chrétiens, de socialistes et du PPD (centre-gauche), soutient Eduardo Frei, fils d'un ancien président homonyme (1964-1970). La droite présente le même milliardaire que Michelle avait battu: Sebastian Piñera. Mais un jeune député socialiste refuse pour le moment l'accord historique gauche/centre. Marco Enriquez Ominami, 35 ans, porte un nom doublement connu.
Celui de son père, Miguel Enriquez, chef du MIR (gauche révolutionnaire), qui mourut les armes à la main en 1974, quelques mois après le coup pinochétiste (sa compagne d'alors, Carmen Castillo, grièvement blessée au cours du combat, vit depuis longtemps en France). Le petit Marco, âgé de 1 an, fut adopté par Carlos Ominami, ancien ministre d'Allende et, aujourd'hui, Sénateur socialiste.
Le candidat socialiste (indépendant) est crédité de 14% par les derniers sondages. S'il maintenait sa candidature jusqu'au bout, il pourrait détenir la clé du deuxième tour.
Antoine Blanca   

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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