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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 12:59
Pour tous ceux qui continuent de rêver de l'Europe unie, celle que voulaient bâtir ses pères fondateurs, les élections dont on proclamera les résultats demain, dimanche 7 juin, auront été moins un test qu'une épreuve. A vrai dire, nous frôlons l'état de désarroi. Tout, dans cette région du monde, est incrédulité et désordre, lassitude et faiblesse. Que faire pour motiver les citoyens, pour redonner force et vigueur à l'espoir?
Une réflexion collective est devenue indispensable si l'on veut dépasser ces heures douloureuses de doute et d'abandon. Il faut la conduire indépendemment des institutions siégeant à Bruxelles. Et singulièrement du mauvais compagnon José Manuel Barroso et de ses technocrates néo-reaganiens, disciples de l'horrible Milton Friedman, des boys de sa criminelle"école de Chicago". Barroso, en dépit de l'apparente grisaille qui émane de tout son être, de son inconsistance au sourire figé, est en voie de détruire les services publics, nation après nation, le tissu industriel qui nous est propre. Il ne faut pas lui permettre, à lui et à ses semblables, d'étouffer la flamme chargée d'exaltation romantique qui inspirait, hier encore, les militants qui osaient imaginer les Etats-Unis d'Europe.
A l'échelle du continent, des 27 pays membres de l'Union européenne, nous devons entreprendre l'oeuvre de reconstruction de nos valeurs. Ces valeurs auxquelles la majorité de nos citoyens, particulièrement dans les nouveaux Etats membres, paraissent ne plus croire. Le groupe parlementaire du PSE doit s'atteler immédiatement à cette tâche.

En France, tout a été fait depuis six semaines pour que l'on parle le moins possible de ces élections. Dans notre monde où tout est médiatisé, la presse écrite, parlée et télévisé s'est contentée du service minimum. Et nous sommes généreux, car les bulletins d'information, quand ils parlaient de l'Europe, le faisaient en préférant l'anecdote à l'analyse, la polémique de pacotille au débat de fond. La dernière semaine de campagne a été occupée par l'anniversaire du débarquement et par le tragique accident d'un vol d'Air France. Evénements dont nous mesurons tous l'importance, mais qui n'auraient pas dû totalement éclipser celui du renouvellement complet du Parlement de Strasbourg.
Et quand il y a eu, jeudi 4 juin, comme une sorte d'opération  pathétique de rattrapage, une émission animée par Arlette Chabot supposée faire débattre huit importantes personnalités politiques, cela s'est terminé en pantalonnade, du fait  de l'impéritie de la journaliste et du comportement de Cohn Bendit et de Bayrou, que l'on aurait pu espérer plus expérimentés, sinon plus mesurés.
Pendant toute la durée de la campagne, on n'a pas vu sur les écrans ces flashes publicitaires d'associations civiques para-gouvernementales appelant à la participation massive les électeurs pour le 7 juin. En tout cas l'auteur de ces lignes n'en a vu aucun. Seule France inter, dans les derniers jours, a fait quelques communiqués dans ce sens.
Le Président Sarkozy ne voulait pas, c'est une évidence, donner du relief à la consultation qui aura lieu demain. Comme il contrôle tous les médias, il est donc le premier responsable du triste spectacle que nous avons donné. Ses jongleries hyper-sécuritaires ont fait "flop" et il n'a pas pu utiliser à son avantage la visite de  Barack Obama qui n'est pas homme à tomber dans des pièges aussi visibles.
Sarkozy voulait manoeuvrer avec le passé tragique, conflictuel ou glorieux entre deux grandes nations et deux grands peuples. Le Président américain lui a fait la leçon, avec l'élégance des hommes qui font l'histoire, quand son partenaire imposé jouait, lui, au poker menteur.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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