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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 10:59
L'Argentine est, depuis Carlos Gardel, la mère-patrie du tango. Du moins est-ce ainsi que la majorité des Européens voient ce vaste et riche pays de l'Amérique du sud. Mais, et c'est à mes yeux beaucoup moins sympathique, il est aussi le pays du péronisme. C'est-à-dire de l'une des aberrations politiques les plus énormes qu'ait connu l'histoire moderne des nations. Nestor Kirchner, candidat aux législatives qui auront lieu dimanche 28 juin, inquiet de voir les masses populaires le bouder, a décidé, à tout hasard, de ressuciter le discours populiste du général Peron.
Dans sa version la plus révolutionnaire.
Nestor Kirchner a été gouverneur d'une province, petite du point de vue démographique, mais riche en pétrole, avant de devenir Président de la Nation. Faisant preuve d'un sens aigu de la famille, il laissa, au terme de son mandat, le fauteuil de Chef de l'Etat à sa femme Cristina,  avec mission de le lui restituer quand le moment serait venu. En attendant, pour ne pas perdre la main, il va s'apprête à devenir parlementaire.
Mais le chemin menant au Palais législatif n'est pas aussi aisé qu'il l'avait imaginé. La crise est cruelle pour les petites gens. Le fait que, désormais elle ait une dimension mondiale ne console personne. L'industrie est en lambeaux et le candidat Kirchner parcourt les rues mutilées des communes du "grand Buenos Aires" avec sa mine  habituelle de chien battu. Dans ce qui fut la banlieue industrielle, fief du parti justicialiste qu fonda Juan Peron en 1945, il n'y a que des usines fermées, des bâtiments à moitié démolis, des pièces métalliques rongées par la rouille. Un vrai décor pour l'un de ces films catastrophes qh'Hollywood aime à produire.
Alors Kirchner, qui n'a pas grande chose de nouveau à proposer, s'est résolu à ressortir les discours démagogiques du  "général du peuple". Mais il ne trouve pas grand écho chez les électeurs citadins. Et il n'en trouverait pas davantage dans les campagnes où les cultures et l'élevage traditionnels ont été durement frappés par la culture extensive du soja qui va peut-être venir à bout des terres les plus riches du monde, celles de la pampa humide.

Les gens voient passer le petit cortège du candidat d'un regard résigné. On écoute ses discours contre les puissants et les riches, ses exigences de justice sociale, avec un évident scepticisme, et les accents de "la marche péroniste" ne sont repris, faiblement, que par de maigres groupes de nostalgiques.
Nestor Kirchner sera  lui-même élu. Mais de son score, dimanche prochain dépendra, pour une bonne part, l'avenir de la dynastie kirchnériste qu'il prétend instaurer durablement. Il n'est pas certain que les débordements démagogiques soient le meilleur moyen de parvenir à ses fins. Après tout, se demandent les citoyens, la famille n'est-elle pas déjà au pouvoir depuis de longues années?
Malheureusement ses concurrents ne disposent pas de meilleurs remèdes. Et Kirchner avait hérité d'une situation économique et sociale abominables, résultat du "thatchérisme" et de la corruption du ménémisme et de l'incompétence de De la Rùa.
Alors...les Argentins vont aller aux urnes (ils doivent renouveler la moitié des 256 députés, et le tiers des 72 sénateurs) en baissant la tête et en serrant les dents.

Antoine Blanca

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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