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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 18:00
Dieu:
Eh bien, mon neveu! Si je m'attendais à te voir dans le fauteuil de Djack! Moi,  à parler vrai, je t'imaginais plutôt dans la prêtrise. Avec le ton de ta voix, tu aurais bouleversé les fidèles de Saint-Sulpice. Sans compter les sermons du dimanche à la télé. Le petit Bossuet du quartier Saint Germain, en quelque sorte. La coqueluche pour catholiques des quartiers...euh...comment dit-on maintenant...bobos, c'est cela!

Monsieur Neveu:
Moi, oncle François, je pense au contraire que je n'ai que trop tardé à entrer en politique. Tant que vous étiez là, j'ai gardé l'esprit de famille. J'aurais été bien ingrat de ne pas le faire. Ma carrière progressait toute seule à l'ombre de votre nom. De notre nom. Je n'avais pas à trépigner d'impatience, à faire valoir nos liens familiaux. Les grands décideurs des moyens de communication le faisaient pour moi. Mais dès que vous avez quitté l'Elysée je me suis senti libéré. J'ai fait connaître mon soutien à Chirac contre Jospin. J'ai alors senti votre imperceptible haussement d'épaules. Vous aviez  alors des choses autrement importantes à penser.

Dieu:
Nous savions tous que tu étais le réactionnaire de la famille. Tu as tenu le coup jusqu'en 1995. J'ai apprécié. Aujoud'hui j'apprécie un peu moins. Etre la France de la Culture à Rome, c'est autre chose que de servir de faire-valoir, à Paris, à ce politicien inculte, incapable de lire Tintin sans dictionnaire, qui t'a nommé. Tu assisteras au Conseil des ministres, avec le même pouvoir qu'une serpillère dans l'armoire à balais. Ton budget sera insignifiant et les dossiers dans la communication vont te procurer de longues nuits d'insomnie. De ce côté-là, tu le sais, tu ne décideras jamais de rien. Alors pour quelle raison avoir abandonné la Villa Médicis?

Monsieur Neveu:
Parce que je ne peux pas vivre ailleurs que dans le microcosme culturel parisien. Je n'ai même pas attendu l'annonce officielle. J'étais tellement pressé de partir que je me suis proclamé tout seul, au risque de tout foutre en l'air. C'était plus fort que moi. Les petits fours et le champagne attendaient déjà mes invités. Chauffeur et limousine ronronnaient déjà pour me conduire à l'aéroport. C'est le cas de dire que j'étais transporté.

Dieu:
Oh! Tu sais, là où je suis cela ne me fait, au fond, ni chaud, ni froid. Mais permets-moi de te dire que j'espérais davantage de ton séjour italien. Moi, jeune homme politique, amis et ennemis me surnommaient le Florentin. Mitterrand le Florentin! Je n'ai jamais vraiment cherché à interpréter les raisons de ce que je considérais comme un titre...
Quand je t'ai vu, de loin, gagner la merveilleuse Villa Médicis, j'ai espéré qu'un jour un autre Mitterrand serait surnommé "le Romain".
Tu vois que, même de très haut, on peut nourrir des espoirs fous et surestimer les capacités des siens. Tu te contenteras donc du titre de "Mitterrand le petit".
A moins que ce ne soit Nicolas Mitterrand.
Ceci étant dit, bonne chance tout de même.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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