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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 10:31
C'est au Mexique que s'est produite la première grande révolution des temps modernes. De 1910 à son "institutionnalisation" en 1929, les guerres civiles et la violence pour le contrôle du pouvoir causèrent beaucoup de victimes et de destructions. Les Etats-Unis, le grand voisin avec lequel le Mexique compte 4000 kilomètres de frontière, se crurent autorisés à intervenir militairement à plusieurs reprises, occupèrent même la capitale et le principal port, Vera-Cruz. Des figures extraordinaires, comme celle de Pancho Villa (souvenons nous de la balade "la cucaracha"qui rapporte ses aventures), la plus romanesque, et celle du mythique Emiliano Zapata, leader de la  paysan austère et intrépide. L'un et l'autre ont marqué profondément cette période et sont entrées dans la légende universelle.
Le Parti Révolutionnaire institutionnel, le PRI, symbolise la volonté du peuple mexicain de consolider les acquis révolutionnaires, de stabiliser la fédération d'Etats qui avait été créée par la nouvelle constitution et d'affirmer la Nation dans la récupération des valeurs fondamentales que la colonisation espagnole avait voulu effacer. Le PRI allait, pendant des décennies, préserver et même  approfondir l'héritage d'un glorieux passé précolombien, en particulier la force des cultures Aztèque et Maya; tout comme l'identité nationale face à la menace permanente des voisins anglo-saxons qui s'étaient déjà emparés, au XIXe siècle,  par les moyens les plus divers, des trois-quarts de leur territoire (citons la Californie, l'Arizona, le Nouveau-Mexique...). Le PRI a transformé un pays de violence, en un pays pacifique, une armée de coups d'état, en une armée professionnelle, honnête, discrète et disciplinée, une société de grands propriétaires exploiteurs primaires de millions de "peones" misérables, en un monde où, théoriquement, le petit paysan est placé au centre du vocabulaire révolutionnaire. Je salue au passage le bond en avant réalisé par les six ans de présidence de Làzaro Càrdenas (1934-1940) qui fit des ressources du sous-sol une propriété de la Nation, de son pays une refuge pour tous les persécutés politiques, tout en donnant une nouvelle impulsion à la réforme agraire.
Le PRI a été ensuite, de moins en moins exemplaire. Ses derniers présidents ont été à la fois médiocres, cosmoplites et corrompus. En 2000, le système connut un grand bouleversement avec l'élection d'un président de droite.
Ce parti, hégémonique depuis 1929, avait trahi trop de valeurs pour ne pas devoir céder sa place. Des observateurs se précipitèrent alors pour annoncer sa disparition prochaine. Oubliant qu'il contrôlait toujours plus de la moitié des Etats de la fédération et des municipalités.
Dimanche 5 juillet le PRI a fait son grand retour à la faveur du renouvellement de la Chambre composée de 500 députés et des conseils municipaux. Le Président Felipe Calderòn, membre du parti conservateur PAN (parti d'action nationale, contrôlé par les industriels du nord mexicaine et, en particulier par le groupe dit "de Monterrey"), devra composer en permanence avec le PRI qui pourrait bientôt retrouver le fauteuil présidentiel.
Si le PRI a su tirer toutes les leçons des dérives qui lui ont fait découvrir l'échec, je me réjouirai de ce retour aux affaires.
L'Amérique latine et l'Europe retrouveront enfin un partenaire solidement établi, un partenaire indispensable. J'ai la certitude que la Maison Blanche, en ayant repris avec Obama, les chemins de la Liberté, sera heureuse de pouvoir dialoguer positivement avec un voisin difficile, avec qui il doit régler, en permanence, toujours dans la douleur, des problèmes aussi délicats que ceux relatifs à l'immigration et au trafic des drogues.
 
Antoine Blanca




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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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