Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 10:52
La langue de la speakerine a sans doute malencontreusement fourché: elle parle des deux attentats commis par ETA, à Burgos et à Majorque, comme d'une "célébration" du 50e anniversaire de la création de l'organisation terroriste basque. Plus qu'une maladresse, c'est une faute.
ETA est apparue en 1969 dans le cadre de la lutte anti-franquiste. Ses méthodes étaient à l'opposé de celles de l'opposition de gauche, politique et syndicale, qui avait décidé d'avoir recours à l'encadrement idéologique et social des masses. Quand il y avait violence, c'était celle de la police et autres forces spéciales du fascisme.
Toutefois, cette organisation de nationalistes basques extrêmistes se donnait pour cibles exclusives les agents du pouvoir. Quand, en 1973, un commando liquida le bras droit de Franco, son héritier politique désigné, l'amiral Carrero Blanco, nous fûmes unanimes à saluer l'exploit. La succession du dictateur n'était plus assurée. Le futur roi d'Espagne aurait, seul, entre les mains l'organisation institutionnelle. Le franquisme était touché à mort.
Vint, progressivement, la démocratie. Une nouvelle Constitution, la légalisation des partis, des élections libres. Aujourd'hui les Basques espagnols ont un gouvernement autonome doté de larges prérogatives, une police, l'enseignement de leur langue, l'euskera. Le drapeau, inventé de toutes pièces par le fondateur du PNV (parti nationaliste démocrate chrétien) flotte sur les hôtel de ville et autrres bâtiments officiels de la région autonome, Euskadi.
Des milliers de symathisants rompirent tout lien avec ETA, à commencer par les auteurs de l'attentat  contre l'amiral (lire l'ouvrage "opération OGRE, éditions du Seuil). Ces derniers dénoncèrent la poursuite de l'action terroriste alors que même un parti, expression légale d'ETA, était libre de concourir dans des élections parfaitement libres et pluralistes.
Ces derniers mois, l'action conjuguée des polices française et espagnole est parvenue à pratiquement liquider la bande. Tous ses chefs ont été arrêtés.
Les deux groupes de tueurs qui survivent n'ont rien à voir avec les objectifs proclamés par ETA en 1969. A Burgos ils ont provoqué des destructions d'apocalypse et auraient pu tuer. Visées, des familles de gardes civils, dont  61 enfants. A Majorque, il y a eu des morts.
ETA a tué 800 personnes dans des attentats individuelsd dont de nombreux élus de gauche. Mais quand ils attaquaient à l'explosif des cibles civiles, ils téléphonaient un quart d'heure avant, pour que les bâtiments puissent être évacués.
La bande, aujourd'hui, veut tuer, sans discrimination, pour tuer. Simplement. ETA est uniquement un gang criminel.
Pas de pitié. Il faut le liquider.
Antoine Blanca

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens