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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 17:32
Le colossal sacrifice consenti par les peuples de l'URSS pour vaincre les envahisseurs nazis (27 millions de morts) a facilité l'occultation, totale ou partielle, de la signature, le 23 août 1939, d'un "Pacte de non-agression" entre Staline et Hitler (ce dernier était représenté par son ministre des affaires étrangères von Ribbentrop à la cérémonie formelle). La Pologne fut la principale victime de cet accord qui resta en vigueur jusqu'au 21 juin 1941, quand les troupes allemandes lancèrent leur vaste offensive contre l'Union soviétique.
Pendant près de deux ans les partis communistes du monde entier, PCF en tête, avaient dû appliquer le mot d'ordre du Komintern: les soldats allemands ne doivent pas être traités en ennemis, les véritables adversaires étant les ploutocrates des démocraties occidentales. En France le parti communiste fut déclaré illégal au lendemain de la signature du pacte. Maurice Thorez, son Secrétaire général quitta précipitamment le pays pour se réfugier en URSS et les autres dirigeants entrèrent dans la clandestinité. Au lendemain de l'entrée des Allemands à Paris, Jacques Duclos demanda formellement aux autorités d'occupation l'autorisation de pouvoir imprimer et diffuser l'Humanité. Les cellules éditaient des tracts condamnant les activités de Londres et les déclarations du général de Gaulle.
Je sais que l'héroïsme de milliers de militants à partir de juin 1941, le sang généreusement versé pour la Libération de la France a fait oublier cette période peu reluisante de l'histoire du communisme. Mais on ne peut pas passer sous silence un fait majeur: la conception qu'avait le Komintern de l'internationalisme prolétarien était inacceptable. On ne sacrifie pas les peuples par dizaines aux intérêts stratégiques d'un seul pays, en l'occurrence l'URSS. On ne le rappelera jamais assez: Léon Blum et ses camarades étaient les seuls à avoir adopté la ligne juste au Congrès de Tours.
Mon père me rapporta la manière dont l'annonce de la signature du pacte germano-soviétique avait été reçue dans le camp de concentration pour républicains espagnols où il était détenu dans le sud algérien. La presse montrait une photo géante d'un Staline souriant sablant le champagne avec von Ribbentrop, Molotov en arrière plan. Incrédulité, stupéfaction de tous ces combattants anti-fascistes. Pourtant, trois jours plus tard, des consignes leur étant parvenues, les cadres communistes du camp avaient repris leur petit monde en mains.  Les militants du PCE étaient, avant tout, "des sodats du camarade Staline.
"N'oublie jamais que le stalinisme est une aberration criminelle", me dit mon père.

Antoine Blanca 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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