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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:15
La défaite attendue du SPD, suivant les résultats décevants --pour tous les partis socialistes européens-- des récentes élections au Parlement de Strasbourg, doit conduire à une réflexion approfondie, sans complaisance, sur les causes de cette désaffection de l'électorat vis-à-vis de nos propositions.  L'objectif pour tous doit être la préparation de la contre-attaque . Une contre-attaque concertée sur la base des valeurs qui sont communes à la gauche démocratique.
Le PS français va, pour sa part, franchir un pas décisif vers la rénovation  par le vote militant du 1er octobre. Mener et gagner la bataille des idées, c'est à notre portée. Comme cette ambition est à la portée des partis frères. Le SPD nous l'a dit aussi: il va entamer le nécessaire travail de reconstruction,  tant ses adhérents sont conscients de constituer la seule force capable de redonner confiance au monde du travail. Il faut combattre sans état d'âme la droite unifiée au pouvoir. Il n'y a plus d'ambiguïté là-dessus. Le SPD a d'ailleurs sur nous l'avantage d'être (comme le sont les partis scandinaves et le Labour) intimément, presque organiquement lié à la grande confédération syndicale, la DGB.
 
En revanche on ignore toujours si les partis membres du PSE (Parti socialiste européen), sont vraiment disposés à préparer une riposte concertée. Elle est pourtant indispensable si l'on a l'ambition de combattre efficacement une droite arrogante, dominatrice, mais incapable de trouver des solutions à la crise économique, sociale et écologique que nous traversons.
Or cette droite est aux commandes partout dans les institutions européennes, à la Commission comme au Parlement. Identifiée, malgré ses précautions hypocrites de langage, aux intérêts du grand capitalisme mondial, elle risque de  conduire le peuple de gauche à désespérer de l'avenir d'une  Europe unie. Comment nos concitoyens peuvent-ils accepter que, au prétexte de libre concurrence, on détruise chaque jour davantage les services publics, on dérégularise au point d'exposer les plus fragiles d'entre nous à la voracité des requins apatrides de la finance.
Obama voudrait que la société américaine ressemble davantage à la nôtre dans les domaines de la santé et de l'éducation pour tous. Au contraire, les Cardoso, Sarkozy, Berlusconi, et la Merkel souhaitent que la nôtre devienne la petite soeur de celle qui prévaut outre-Atlantique. La jungle sur la terre et les squales voraces dans les océans.
Militer pour la Démocratie socialiste est incompatible avec une telle perspective.
Mais quels messages envoie-t-on aux exploités des temps présents quand un ancien premier ministre travailliste, Mister Blair, est l'orateur vedette, avec un Sarkozy hilare, visiblement ravi de l'aubaine, d'un rassemblement UMP; quand on devient les supplétifs équivoques d'un gouvernement de la Merkel;   quand les parlementaires socialistes portugais de Strasbourg votent pour la reconduction de Cardoso par, disent-ils, "devoir patriotique"? Non, il ne s'agit pas là de concessions négociées. Il s'agit bien de démissions humiliantes ; pour ne pas parler, dans le cas précis de Mister Blair, de trahison.
Notre message politique, notre image éthique, ont été brouillés, ces vingt dernières années par des événements présentant ce genre de déplrables caractéristiques. Etant profondément démocrates, nous devons être capables de négocier. Notre vocation n'est pas celle de témoins de la vie poliitique, enfermés dans des doctrines surannés. Nous pouvons même être amenés à mettre les mains dans le cambouis de l'idéologie dominante, dans des circonstances extrêmes. Comme on peut se voir contraints de déboucher des toilettes à notre domicile (sans se spécialiser pour autant dans l'exercice). La démocratie socialiste doit reste une force de gouvernement. Nous avons choisi la voie réformiste pour avancer vers le Socialisme.

Mais dans trop de cas nous nous sommes rendus à l'adversaire, nous avons abdiqué, levé le drapeau blanc en mettant le rouge dans la poche, comme si nous n'avions pas de conviction profonde. Nos élus doivent rester des militants et cela devrait suffire à dresser une barrière entre les nôtres et ceux de droite. Même quand on doit converser avec ces derniers, il faut savoir rester du bon côté de l'indispensable ligne de démarcation.

Clarifions donc notre position. Et édifions notre programme socialiste européen à partir des fondations qui nous sont naturelles.
Cela est possible. Cela est même le seul engagement convenable.

Antoine Blanca

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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