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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 12:41
Après le Portugal, la Grèce. L'Europe du sud porte bien nos couleurs socialistes puisque l'Espagne et le PSOE paraissent eux aussi fermement installés au pouvoir. Même si c'est au milieu de dures intempéries.
C'est un message clair en direction des pessimistes impénitents qui, à gauche, pleurnichent à la moindre secousse de l'actualité, lancent à la mer des balises de détresse au premier signe de tempête. Ne l'oublions pas, les trois pays que nous citons vivaient encore, au milieu des années 1970, les dernières dictatures qui ont meurtri, au siècle dernier, l'Europe occidentale. Le retour de ces peuples à la vie démocratique, au pluralisme politique, à la liberté d'expression et de la presse étaient des objectifs qui ont paru, longtemps, relever de l'utopie. "C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière", se disaient ceux qui persévéraient dans le refus du désespoir. Ils agissaient en conséquence et l'avenir leur a donné raison.
Si la dictature des colonels en Grèce a constitué un (trop) long intermède, le salazarisme et son Ordem Novo et le franco-phalangisme en Espagne paraissaient installés pour des générations. Dans les années cinquante et soixante la guerre froide qui sévissait sur le continent leur a été d'un grand secours, leur a donné un nouveau souffle. Mais le mouvement socialiste international, le syndicalisme démocratique, lui, n'a jamais abandonné les combattants de la liberté. Dans les années soixante-dix c'est la solidarité active d'hommes comme Olof Palme et Willy Brandt qui a puissamment aidé au rétablissement de la Démocratie. En France, c'est le peuple tout entier qui s'est manifesté depuis la Libération, surtout en faveur de sa voisine espagnole. Et n'a jamais baissé pavillon tandis que la classe dirigeante de droite de notre pays faisait des mamours indécents à Franco et à Salazar.
La leçon que la gauche française doit tirer des victoires des nôtres dans ces pays méridionnaux qui nous sont si proches est la suivante: il n'y a pas de fatalisme pour ceux qui sont décidés à lutter. Nous sommes en mouvement, nous avons le droit de vote, nous avons la justice et la raison pour nous. Alors nous ne pouvons pas baisser les bras devant une droite qui cache ses mille visages derrière le masque grimaçant de Nicolas Sarkozy.
Mais de grâce: cessons de parler de la politique comme d'une profession. "La classe politique" ne devrait pas exister pour ceux qui ont choisi de dévouer leur vie au Socialisme. On peut vivre pour l'action politique sans pour autant s'installer dans "la politique "comme dans un métier, une entreprise familiale ou une boutique. Entre un représentant de la boureoisie et l'un de nôtres, il ne saurait y avoir rien de commun. A fortiori l'appartenance à une même "classe".

On ne demande certes à personne, de nos jours, de se sacrifier sur un autel, fut-il républicain, de devenir un saint aussi laïc fut -il. Mais de se souvenir, en regardant un ministre grec,  espagnol ou portugais, des militants qui vivaient à Madrid ou Barcelone,  Lisbonne ou Porto, Athènes ou Le Pirée, dans la clandestinité ou dans le fond d'une cellule, leur idéal. C'est à ceux-là qu'il faut dédier nos victoires.

Antoine Blanca   

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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