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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:39

A peine PS et Europe-Ecolgie s'étaient-ils installés dans les différents ministères, qu'une grande partie de la presse sortait de son chapeau la 'méthode Shröder'. Celle du 'bon socialiste' qui était parvenu à faire plier les syndicats, au terme d'une longue négociation avec un patronat qui avait du mal à contenir son enthousiasme. Quelques mois après le SPD était écrasé aux élections.

Alors les mêmes commentateurs, donnant en exemple la méthode de l'ancien Chancelier, invitaient Hollande à imiter son camarade(?) d'outre-Rhin. Pour assainir une bonne fois pour toutes l'économie française, il convenait, pour ces bonnes âmes, de soumettre les salariés à une diète rigoureuse. Sans que le patronat ait à faire la moindre concession.


On pourrait dire, avec une bonne dose de mauvaise foi, que le gouvernement français a bien suivi ce type de recommandation. Il a, lui aussi, placé les centrales syndicales et les représentants du patronat autour d'une table et leur a demandé de mettre noir sur blanc les termes d'un accord. Il leur a imposé aussi, comme l'aurait fait sans doute feu Mendès-France, une date limite pour conclure. Faute de quoi il légiférerait. Et cela s'est bien  terminé. Par la conclusion d'un 'bon accord'.

Mais en dépit des apparences on est loin de la méthode Schröder. Ce dernier avait mis dans la balance tout le poids du SPD, lequel contrôle la centrale syndicale unique (DGB), pour conduire les salariés allemands à abdiquer la plupart des droits conquis au cours des luttes passées. Sans la moindre compensation du côté du patronat.


En France on a signé, tout au contraire, un texte parfaitement équilibré. Le Président français n'a, en l'occurrence, imité personne: cette démarche correspondait en tout point à son programme de campagne*.

Deux observations pour conclure:

a) dans la tradition française, depuis la signature au début du siècle dernier de la Charte d'Amiens, les syndicats sont, non seulement indépendants par rapport au parti 'de classe', mais encore les confédérations sont-elles multiples et variées. En concurrence permanente. Parvenir à l'accord du 11 janvier, au bout de trois jours, est une sorte d'exploit.

b) personne, à la tête de l'exécutif français, n'attend de 'récompense'. Schröder, lui, après avoir conduit son parti au désastre électoral, a obtenu la présidence d'une gigantesque compagnie gazière. Un job particulièrement rémunérateur. Le patronat sait parfois être reconnaissant.

 

Antoine Blanca


* en France pour qu'un accord social soit valable, il faut qu'il soit signé par au moins trois centrales syndicales officiellement reconnues. La CGT et FO n'ont pas souscrit à l'accord du 11 janvier. Lors du débat parlementaire qui doit avoir lieu il faut donc s'attendre à ce que le groupe communiste et assimilés vote contre. Mais au bout d'un aller et retour entre les 2 assemblées, le texte du gouvernement sera adopté.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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