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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 10:59

Priorité à l'actualité: la Côte d'Ivoire, où la drôle de guerre n'a pourtant jamais cessé, fait de nouveau les "UNE" des quotidiens. Enlisement en Libye, apparente accalmie sur le front syrien, négociations secrètes au Yemen... Les medias  reviennent donc à l'ouest africain où l'on nous dit chaque matin que la fin de Gbagbo est proche. Lente agonie d'un président déchu ou prémisse d'une guerre civile déclarée? L'expérience nous a appris à être prudents dans nos pronostics. Gbagbo, c'est un peu la folie désespérée du pouvoir.  A laquelle s'ajoute la ruse d'un malicieux négociateur sans scrupule.

Ces événements, après beaucoup d'autres dans d'autres parties du continent, donnent prétexte aux occidentaux à tenir des propos désobligeants sur une partie du monde qu'ils avaient longtemps colonisée, c'est-à-dire exploitée  comme une propriété privée. Il y avait eu, bien entendu, des conflits entre nations propriétaires. Au gré des arbitrages et des traités de paix en Europe on était cependant parvenu à un partage des terres et des hommes.

Il suffit de regarder une carte politique de la région: on avait fait de la géométrie primaire, à l'aide d'une règle et un crayon pour diviser les territoires. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, l'AOF et l'AEF avaient disparu et on avait préfiguré des esquisses de pays qui pouvaient aspirer, un jour, à l'indépendance. Ce qui se produisit très vite, en effet.

Mais le mal avait été fait. La géométrie frontalière des colonisateurs, les lignes droites tracées pour servir de frontière ne tenaient aucun compte des réalités humaines et culturelles. Car l'Afrique pré-coloniale avait ses principautés et ses royaumes, ses langues et ses ethnies, ses cultures et ses croyances. Le colonisateur avait fait peu de cas de tout cela. Ou, quand elle l'avait fait, c'était pour exploiter les inévitables querelles  à son seul profit.

Les dégâts ne sont plus réparables. Les frontières existent désormais et les nouveaux Etats sont jaloux de leur souveraineté. Mais il devient indispensable de tirer toutes les leçons des drames majeurs qui ensanglantent régulièrement l'Afrique, du Nord au Sud, d'Est en Ouest.

C'est notre devoir comme c'est le devoir de l'ONU et de l'OUA. Le pillage capitaliste organisé a succédé au colonialisme d'antan. Il est,  par nature, encore plus brutal, même s'il est moins visible. Et les guerres fraricides, les massacres ethniques, se livrent à leur seul bénéfice.

 

Antoine Blanca


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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