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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 10:29

Hier 11 septembre c'était l'anniversaire du coup d'Etat au Chili et du sacrifice du Président Savador Allende.

Je n'y reviendrai pas. La cicatrice de cette blessure de l'âme restera en chacun de nous, inguérissable.

Passons plutôt aujourd'hui à l'analyse politique des réalités plus actuelles de l'Amérique latine contemporaine. Pour constater:

1--Le retour quasi-généralisé de la région à la démocratie électorale, à la pratique pluraliste partisane;

2--Le retour définitif et sans gloire, souvent même la queue entre les jambes, des militaires dans leurs casernes. Quand ils en sortent désormais c'est sur ordre du pouvoir légitime, soit pour combattre, comme en Colombie, une rebellion armée à vocations multiples, soit pour compenser  l'inefficacité d'une police médiocre et corrompue ( au Mexique par exemple) dans le combat contre le trafic des drogues. En tout cas toute intervention des uniformes dans la vie politique proprement dite est désormais inenvisageable.

3--L'enracinement d'une gauche non conventionnelle (Venezuela, Equateur, El Salvador, Bolivie, Uruguay...) qui conteste l'idéologie économique et sociale dominantes sans rechercher pour autant la confrontation systématique avec Washington. Une cohabitation paisible avec la grande puissance du Nord est possible. Sa mise en place ne dépend plus que du bon vouloir des Etats-Unis et de leur capacité à renoncer, par réalisme, à sa tentation impérialiste.

4--La démission généralisée des partis membres de l'Internationale socialiste. Sur le plan des principes s'entend. Ils ont massivement abdiqué, sans vraiment se battre, devant le libéralisme, ses pratiques et ses dérives.

5--La consolidation du Brésil comme pays dominant en matière de politique internationale, de négociations commerciales globales, de stratégie militaire. Le seul pays de langue portugaise des Amériques, un colosse aujourd'hui bien droit dans ses bottes, s'installe dans la durée. La victoire de Dilma Rousseff à la présidentielle d'octobre ne faisant plus de doute.


Le Brésil doit garder "son Lula" pour son propre avenir (quatre ans sont vite passés). Ne pas songer à l'envoyer au Secrétariat général de l'ONU. Il n'y pourrait pas changer grande chose, alors que l'Amérique latine a besoin de lui comme une sorte de Lord protecteur (qu'on pardonne cette lourde comparaison).

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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