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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 09:57

Dans les Amériques latines on s'était préparé à subir le revers. Car celui  qui vient de toucher Obama est aussi un peu le leur. Même si, comme nous l'avons  écrit  il ya plusieurs mois dans ce Blog, l'Amérique ibérophone n'a pas été jusqu'ici sujet prioritaire. Ni à la Maison Blanche, ni au Département d'Etat. Il y a, là-dessus, plus de déception que de résignation ou de compréhension bienveillante.

Comment expliquer alors que la confiance demeure élevée parmi cette catégorie d'électeurs ou d'observateurs étrangers plus attentifs que d'autres?

Par un simple exercice de comparaison: Obama est meilleur que Bush ou que  l'un de ses amis politiques.

Tous savent savent, par exemple, que la nouvelle grande loi sur la Santé profitera à leurs dizaines de millions de compatriotes installés dans le nord du continent. Qu'ils soient ou non naturalisés, qu'ils bénéficient ou non d'un statut légal de travailleur.

Autre chose est avérée, dans l'esprit de la quasi totalité des Chefs d'Etat latinos, c'est que la perte contrôle, par le parti du Président, de la Chambre des Représentants est un élément forcément négatif.

Dans l'immédiat la perspective d'une loi plus ouverte à l'immigration, de nouveaux progrès en matière d'éducation publique, de l'établissement d'un type plus ouvert de relation globale avec les pays du sud du continent,  s'est éloignée ce mardi 2 novembre. "S'il ne l'a pas mise en pratique, comme il l'avait préconisé dans sa campagne, il peut encore le faire. Mieux: il est le seul, l'unique à pouvoir le faire!" Telle était la tonalité générale des propos dans les cafétérias comme dans les salons officiels, à Buenos Aires, à Bogotà, à Lima ou à México. Même type  de commentaire parmi les journalistes, quand ils parlent en privé, faut-il le dire.


La vie quotidienne de millions de familles dépend, pour une part, des contributions financières expédiées fidélement par ceux qui, peu ou prou, ont réussi leur expatriation en trouvant un travail stable. Aussi épuisant qu'il soit. La vie politique étatsunienne est toujours suivie avec un intérêt tout particulier , souvent passionné, dans cette partie du monde où on attend toujours quelque chose de l'oncle Sam. Le pire en général. Le meilleur, veut-on croire, depuis l'installation d'Obama.

 

Mais le pessimisme n'était nulle part de mise pour le proche avenir.

Après tout, la majorité  démocrate a faibli mais pas cédé au Sénat, le droit de véto présidentiel demeure large, tout comme le pouvoir que la Constitution donne au locataire de la Maison Blanche et Chef des Armées.  Les cartes maîtresses sont bien là.

Les latinos estiment aussi que l'une des préoccupations de la deuxième partie du mandat sera de créér les meilleures conditions de sa propre réélection. Et dans ce domaine l'appel au "vote hispanique" deviendra essentiel. Avec les garanties qui devront l'accompagner. Les voix latinos ont été déterminantes pour Obama 1er. C'était un vote d'espoir, un pari souvent enthousiaste. Il risque de devenir plus conditionnel. Et le candidat démocrate le sait bien qui, dans ses derniers appels de fin de campagne, le 1er novembre, s'est spécifiquement adressé à cette puissante minorité. Il devra faire le nécessaire pour être encore mieux entendu.

 

Antoine Blanca

 


 

 


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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