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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 10:22

Cuba  a beau être la plus grande île des Caraïbes, elle demeure un petit pays de onze millions d'habitants. Son gouvernement ne pratique ni le terrorisme, ni la piraterie maritime ou aérienne. Il est respectueux de la loi internationale et sa diplomatie est particulièrement active au sein de l'ONU et de toutes les organisations spécialisées de son système. Elle leur apporte même une contribution de première importance grâce à ses réussites scientifiques (médicales notamment) et dans le domaine de l'éducation.

Aussi, un observateur indépendant pourra-t-il, à bon droit, se montrer surpris par l'intérêt  sur-dimensionné porté par une certaine presse à son endroit. Une partie du monde politique va dans le même sens. Or le moins que l'on puisse dire est que le regard qu'éditorialistes internationaux et personnalités tournent vers Cuba n'est jamais bienveillant. Il est même a priori hostile, fait d'ignorance et de perversité mêlées.

La révolution cubaine pourrait se sentir honorée, cinquante et un ans après sa victoire, de susciter toujours autant de préventions, de haines et d'enthousiasmes. Comme aux premiers jours.

Ce n'est pas le cas: elle est surtout préoccupée par les difficultés quotidiennes et conjoncturelles que rencontre sa marche vers le développement. Et qui  viennent compliquer la vie de la population.

Fidel par exemple a toujours été conscient de ces dures réalités.

Ainsi, à peine a-t-il pleinement retrouvé force et vigueur au terme d'une longue épreuve (seule l'usure des années demeure insurmontable), l'ancien président du Conseil d'Etat s'est donné pour objectif de donner du grain à moudre aux commentateurs. Des pages de la presse cubaine (Juventud rebelde, Granma) il vient de passer aux revues étatsuniennes considérées comme les plus ouvertes au débat. En fait, après s'être adressé au lecteur de son pays, il prétend attirer l'attention de l'opinion internationale. Il sait que tout ce qui vient de lui ne laisse jamais indifférent...


Si le but était de provoquer un certain chambardement, il a déjà réussi. On s'interroge ou feint de s'interroger sur les raisons d'une campagne publique d'explication qui ne fait, nous pouvons le dire avec certitude, que commencer.

Fidel ne fait ni mea culpa ni, encore moins, ne prétend entreprendre un processus de rectification. Il va simplement, en regardant derrière lui, tenant compte de tout ce que l'histoire lui a appris, analyser ses décisions d'homme d'Etat confronté à une campagne gigantesque (et persistante) de destruction massive conduite par la puissance la plus colossale de la planète. Fidel n'a jamais pratiqué, quoiqu'en disent certains mauvais esprits, l'auto-satisfaction. Il se plait à expliquer et à s'expliquer. Il veut pouvoir convaincre et s'est toujours donné le temps d'y parvenir.

Il a dû souvent agir dans l'urgence. Par exemple, dans la crise des fusées d'octobre 1962 (18 mois après la tentative d'invasion de Playa Giron organisée par la CIA), il affirme aujourd'hui qu'il aurait agi autrement...s'il avait su ce qu'il sait à présent.

Les épisodes liés à l'histoire récente (mais toujours reliés à l'actualité), vont continuer d'être publiés. Et peut-être va-t-il bientôt se sentir libre d'abattre certains tabous concernant, en premier lieu, son alignement affiché avec l'Union soviétique et les pays du CAME et du Pacte de Varsovie. Quand la nécessité imposait à ses yeux une stratégie globale de survie politique, militaire et économique.

On se tromperait lourdement en spéculant sur des divergences avec son frère Raùl, aujourd'hui Chef de l'Etat. Leur relation est fusionnelle, leur complicité totale depuis l'enfance. En outre, sur un plan institutionnel, Fidel demeure premier secrétaire du Parti. Dans la pratique donc, le principal dirigeant du pays.

Nous pensons que tout ce qui arrive est le fruit d'une concertation permanente au sommet du pouvoir. Des lignes vont sans aucun doute bouger dans le domaine du fonctionnement du marché et de l'économie. En dépit de l'immobilisme hostile et un peu lâche des Etats-Unis, Cuba n'est plus le pays internationalement isolé qu'il était après l'effondrement de l'URSS. En Amérique latine, par exemple, les pays amis sont nombreux et les relations avec l'Europe peuvent être resserrées si l'on pousse plus loin les efforts d'explication de part et d'autre.

Cuba est en train de bouger, de multiplier les signes positifs.

Encore faut-il qu'ils soient reçus comme tels.

 

Antoine Blanca



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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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