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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 17:58
Du 6 au 10 novembre se réunit à Buenos Aires l'Assemblée générale de la Société interaméricaine de presse (SIP). La SIP rassemble quelques 500 entreprise de presse. Une organisation patronale très particulière: ses membres éditent en effet les titres les plus prestigieux de la presse quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle des vingt pays de la région; mais possèdent aussi des stations radiophoniques et des télés privées. A Buenos-Aires sont présents, en outre, les propriétaires de médias en langue espagnole diffusés dans plusieurs états du sud-ouest et de quelques grandes villes nord-américaines.
Si dans le passé récent cette réunion de la SIP revêtait un caractère essentiellement social, si elle facilitait avant tout les échanges entre hommes et femmes faisant le même métier, il en est allé différemment cette année.
C'est de l'appréhension, voire de la crainte pour l'avenir de leur profession que les orateurs ont voulu transmettre à l'opinion publique internationale et à leurs confrères de tous les continents.
C'est que nombre de gouvernements, tels ceux dirigés par la gauche populiste (le Venezuela de Chavez, la Bolivie de Morales, l'Equateur de Correa...), ont manifesté l'intention de faire adopter par leurs parlements respectifs des législations que la majorité des délégués à l'A.G. de la SIP jugent attentatoires à la liberté d'expression. Le pouvoir des Kirchner en Argentine est aussi durement visé par les critiques.

Une telle attitude est-elle fondée?

Non, répondent les gouvernements mis en cause: " Nous voulons simplement mettre un terme à la mainmise totale de certaines familles sur l'univers médiatique dans le but de contrôler l'opinion publique. Nous nous proposons d'en finir avec une position de monopole de fait".
Les grandes familles dont il est question, les Santos en Colombie, les Otero à Caracas, les Noble en Argentine, les Mirò Quesada au Pérou, nous limiter à quelques unes, règnent depuis des décennies (plus d'un siècle parfois), sur l'univers médiatique de leur pays et, par voie de conséquence, pour une bonne part, sur le monde politique. Toujours en faveur de l'idéologie dominante.

Alors n'a-t-on pas le droit, quand on a été élu pour diriger un pays, de tenter de mieux communiquer sur les  réformes que l'on veut mettre en place? Réformes que les médias bien installés combattent, souvent  en termes avec une virulence exacerbée et avec l'arrogance propre à des seigneurs, fils et petit-fils de seigneurs de la presse?
Ainsi raisonne-t-on dans nombre de palais présidentiels. Cette indignation a sa part de légitimité. Mais elle peut conduire aussi à entrer dans la logique infernale de l'autoritarisme. Le dialogue est, je le pense, toujours possible entre responsables de bonne volonté. Et les membres historiques de la SIP savent faire preuve de souplesse, quand le rapport de force ne leur est pas a priori favorable (en d'autres temps ils ont composé avec les pires dictateurs, au point de ne jamais avoir vu une de leurs publications saisie).

Le Président Lula peut faciliter ce dialogue. Il est même le seul en mesure de le faire tant sa crédibilité est réelle, à la mesure de son talent de négociateur.
Le pire pour les gouvernements progressistes serait une condamnation, même morale, de la communauté internationale.   
 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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