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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 09:40
HAÏTI:
Le pays le plus pauvre de la région va faire partie, pendant quelques jours, de l'actualité. De l'actualité malheureuse, faut-il le préciser? Le séisme qui vient de le frapper en plein coeur vient de détruire ce qui restait encore debout: le siège des agences humanitaires de l'ONU qui constituaient les seules vraies ressources alimentaires et culturelles de cette république; le palais présidentiel et les ministères qui lui donnaient quelque apparence de régularité démocratique; les cahutes dans lesquelles s'entassait sa misérable population.
De ce nouveau malheur pourrait venir un bien pour les dix millions de survivants: si la communauté internationale, dans un sursaut de solidarité, ou plus simplement d'honneur, décidait de prendre collectivement à sa charge la reconstruction de Haïti; le pays retrouverait alors, avec des moyens économiques et du travail, des raisons de croire à un avenir.
Haïti a été le premier pays indépendant d'Amérique latine. C'est encore aujourd'hui la seule république noire de la région, la seule aussi où la langue française est, avec le créole, langue officielle. C'est Christophe Colomb qui débarqua sur l'île qu'il baptisa Hispaniola. Il la qualifia de paradis et vanta la beauté et la gentillesse de ses habitants. Qui furent exterminés et remplacés par des esclaves africains au service d'une aristocratie de planteurs français. Le paradis commença alors à être dévasté. L'île fut coupée en deux par un traité entre français et espgnols (naissance de la future République dominicaine, partie ouest de l'île). Je vous laisse le soin de découvrir davantage sur l'histoire de ce qui fut la patrie Tousssaint Louverture, du général Dessalines, du roi Henri 1er (roi Christophe)) et du président Pétion. Notre dette vis-à-vis de ce peuple est immense.
Remboursons-la un peu.

VENEZUELA
Hugo Chavez fait de plus en plus dans le socialisme brouillon. Son ambition était juste: faire profiter la masse des vénézueliens des richesses du sous-sol du pays de naissance de Francisco Miranda et de Simon Bolivar. Les progrès réalisés dans le domaine social (santé, éducation, logement) sont réels, parfois même impressionnants. Mais aucun véritable plan à moyen terme n'a permis d'améliorer sensiblement les infrastructures et d'en créer des nouvelles. Au lendemain de la découverte de l'immensité de la richesse pétrolière, un grand intellectuel des années 1930 préconisait avec sagesse: "il faut planter le pétrole". Aucun dirigeant ne s'est vraiment attelé à cette tâche.
Chavez non plus.
Il y a deux jours ce dernier a procédé à une nouvelle dévaluation de la monnaie locale, le bolivar (50%; 90% depuis l'arrivée du "comandante" à Miraflores). Et, plus important dans la vie quotidienne de tous: on va rationner fortement l'électricité et l'eau courante. La brutale sécheresse des deux derniers étés explique cette situation en partie. Mais la maintenance des barrages n'a pas été convenablement assurée et les projets de construction de nouveaux, indispensables à la vie économique du Venezuela, sont toujours en panne...sèche.
On ne gouverne pas seulement en improvisant des discours et en invoquant la mémoire du Libertador. Il faut savoir s'entourer de ministres et de collaborateurs compétents et arrêter de défier sans nécessité absolue toutes les démocraties occidentales. Ce n'est pas en priant Jésus et Mahomet (Chavez dixit) avec son grand ami Ahmadinejad qu'il surmontera la grave crise actuelle.
Une opposition, à têtes et idéologies multiples, organise une manifestation dans la capitale le 23 janvier.

GUATEMALA
Nous entrons dans le domaine du roman noir. Le plus important pays d'Amérique centrale (deux prix Nobel; de Littérature avec Miguel Angel Asturias; de la Paix avec Rigoberta Menchù) avait été, il y un an, le théâtre d'un événement de cauchemar: un avocat en renom, figure de l'opposition au président Colòn (régulièrement élu), tombait sous les balles de tueurs à gages (sicarios). Mais il avait laissé derrière lui une véritable bombe politique: un DVD où il annonçait que, s'il venait à être assassiné, ce serait sur ordre du Chef de l'Etat, de son épouse et de son directeur de cabinet. Heureusement une commission indépendante, présidée par un magistrat espagnol, après des mois de travail minutieux, a établi l'incontestable, l'incroyable vérité.
Le prestigieux avocat avait ordonné, avec l'aide de deux de ses cousins et le bras armé, mercenaire, de la pègre, son propre meurtre. Pour faire tomber un pouvoir qu'il haïssait.
Digne d'un Hitchkock. Incroyable mais vrai.

Antoine Blanca 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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