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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 10:39
ACTUALITE

En Argentine aujourd'hui le "couple présidentiel" est le sujet de toutes les conversations. Surtout que pendant une partie de l'été austral le championnat de foot se trouve interrompu. Des chiffres ont été publiés faisant état de la multiplication (par sept) du patrimoine des Kirchner au cours des cinq dernières années. Et ce serait peu de chose par rapport à leur petite cohorte de collaborateurs et autres conseillers. En moyenne l'augmentation de la richesse de ces derniers serait de l'ordre de 200%.
Politiquement le scandale est double:
1/ largement battus aux législatives, les Kirchner s'appliqueraient à contourner le loi constitutionnelle en s'attribuant des prérogatives qui ne reviennent pas à la Présidente;
2/ passant par dessus le principe de séparation des pouvoirs, Cristina Fernàndez, épouse Kirchner, a démis de ses fonctions le Président de la Banque centrale(Banco Naciòn), qui se refusait à laisser utiliser les réserves fédérales par le ministère de l'économie et à vendre ainsi les bijoux de la famille argentine.

HISTOIRE

Nestor Kirchner, ancien Président (et désormais député et chef du parti péroniste-justicialiste qui soutient l'exécutif), a transmis le flambeau à sa femme Cristina. Le couple organise ainsi l'alternance autour de la table familiale. L'un et l'autre sont dans la politique  nationale depuis une quinzaine d'années. Lui, a commencé comme gouverneur élu de la province de Santa Cruz (pauvre en population mais riche en carburant, donc en pétro-dollars); elle, a été orientée vers le Sénat de la nation. Dans la mouvance péroniste ils avaient une réputation plutôt tiers-mondiste. Mais ni Nestor, ni Cristina n'ont donné de preuve tangible d'un tel engagement.
En réalité leur péronisme est classique, en ce sens qu'il s'appuie, au gré des circonstances et des événements, sur des idéologies contradictoires dont le seul point commun est le goût pour l'autoritarisme...et pour les avantages qu'il dispense. Pour les analystes politiques et les historiens le mouvement fondé par le général Juan Domingo Peròn est un puissant casse-tête. Un univers à la limite de l'extra-terrestre.

PERONISTES: la présidence en couple

Nestor et Cristina ne font que suivre la voie originelle. Au début de son règne le général Peròn, comprenant tout le parti qu'il pouvait tirer du charme de la blonde Evita, sa jeune femme, et favorisa son ascension dans les coeurs des hommes et femmes des classes populaires. Il l'envoya à la fin des années quarante visiter l'Espagne affamée et son dictateur, avec la promesse tenue de lui envoyer des céréales par cargos entiers. Franco ne les paya jamais. Mais Evita se délecta à enflammer des foules de phalangistes en chemise bleue qui l'ovationnèrent en faisant le salut fasciste. Cela ne l'empêche pas, en France, de séduire le brave Président Auriol, et d'aller remplir des comptes numérotés en Suisse. On n'est jamais assez prévoyants. Revenue au pays elle distribuait, par poignées, des liasses de billets aux pauvres et aux malades. Ses toilettes, à faire rêver Rachida Dati, et ses bijoux tout droit sortis de la place Vendôme, étaient célébrées dans les chaumières comme la victoire de Cendrillon sur les riches. On lui fabriqua une légende de Madone et, à sa mort prématurée, elle fut pleurée comme telle.
Mais la tradition du couple péroniste continua avec Carlos Menem. Ce Président sympathique, comme le sont souvent les vrais voyous, fit chasser sa légitime de la résidence officielle d'Olivos par ses officiers de sécurité. D'origine syrienne comme lui, originaire de la même province de l'ouest, Soulima laissa sa place dans le lit conjugal à une "bimbo" spectaculaire. Heureusement pour l'Argentine, les conditions sordides de la fin de règne menemiste ne permit pas à Carlos d'installer la belle siliconnée sur le trône qu'il avait été contraint d'abandonner.
Cela avait pourtant été le cas pour Isabelita, celle qui avait succédé à Evita dans la vie du général-président. Dans ses pérégrinations d'exilé, Peròn avait rencontré en 1955 sa compatriote, Maria Estela Martinez dans un cabaret de Panama. En Argentine on appelle "copera" le métier qu'elle exerçait assise sur un haut tabouret autour du bar. Elle devint épouse officielle puis, après le retour triomphal d'exil du fondateur du "justicialisme" et, en 1973,  Vice-président. avec droit de succession... Veuve en 1974, elle devint chef de l'Etat. Et c'est en cette qualité qu'elle entreprit une horrible répression contre la jeunesse révoltée. Les militaires qui la renversèrent continuèrent, en ce sinistre domaine, son "oeuvre" et celle de la triple A.

TRADITION

On voit que l'actuel "couple présidentiel" situe ses manipulations dans une tradition qui remonte à la fondation du péronisme.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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