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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:34

J'avais 23 ans en 1959 quand je pris connaissance du contenu de la résolution adoptée par les délégués au Congrès du SPD réuni à Bad Godesberg, ville d'eaux proche de Bonn (tellement proche qu'elle en est désormais partie). Une catastrophe à mes yeux de jeune militant du parti frère français. Un abandon des thèses adoptées par les Allemands en 1925 à Heidelberg qui prônaient la fidélité au marxisme et à la lutte des classes. Trente quatre ans plus tard voilà que les frères germaniques--meurtris par une guerre apocalytique dont leur pays était responsable, par la partition en deux Etats ennemis, soucieux avant tout de reconstruction et de consolidation démocratique-- assumaient une nouvelle ligne visant à réunir les citoyens de toute origine sociale, s'ouvraient aux spiritualités chrétiennes ou humanistes, cédaient sur la défense de la laïcitélibéralisaient leurs positions en matière économique.

J'étais abasourdi, sonné comme un boxeur K.O. debout. Notre chef d'alors, Guy Mollet, n'avait pas de mots assez durs pour condamner la résolution de Bad Godesberg. Le guesdiste renaissait en lui. Se vengeant un peu, au passage, des partis membres de l'Internationale socialiste qui avaient lourdement condamné la politique algérienne qu'il avait improvisée et conduite. Le SPD était du nombre...

Avec le recul du temps, je vois bien que "Bad Godesberg" n'avait fait que se conformer à l'inévitable. Que tous les autres grands partis d'Europe appliquaient, sans avoir eu forcément recours à une proclamation solemnelle, les positions exprimées en 1959 par les camarades germaniques. Ils avaient en commun avec le SPD le fait qu'ils contrôlaient aussi la Centrale syndicale. Et les électeurs avaient le plus souvent ratifié cette orientation (ce sera bientôt le cas en Allemagne avec la victoire de Willy Brandt).

Au PS, en France, on suit plutôt cette tendance depuis 1983, sans éprouver pour autant le besoin de la faire bénir par un congrès. Et, depuis la Charte syndicale d'Amiens, l'unité organique avec les organisations ouvrières est impensable.

Nos victoires se veulent toujours rupture avec les politiques conservatrices. Et nous sommes fidèles au rôle d'éclaireurs qui est le nôtre depuis le Siècle des Lumières, la prise de la Bastille, la Commune et Mai 81.

Cela vaut tous les Bad-Godesberg du monde...

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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