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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 10:37

Avec la chute de l'Ancien Régime, l'épisode napoléonien, les mouvements unitaires italien et allemand au XIXe, et la naissance de la Yougoslavie après la Grande Guerre, nombre d'historiens pensaient que des pas irréversibles avaient été accomplis dans la voie de l'unité européenne.

Ils se trompaient. En Espagne la fin du franquisme allait être le point de départ de nouvelles revendications d'indépendance. Elles prenaient une réelle ampleur en Catalogne et avaient recours à la violence terroriste au Pays Basque.

Certes, dans ces deux régions, le nationalisme était enraciné depuis l'unification de tous les royaumes chrétiens. Mais cette faille allait être bientôt comblée: Charles II d'Espagne (empereur Charles Quint d'Allemagne), puis Philippe II affermirent sans contestation possible la domination castillane. Ils avaient des raisons de gonfler le torse. Ils incarnaient une grande puissance impériale sur laquelle, affirmait-on, le soleil ne se couchait jamais. Offrant en outre l'aventure du grand large aux hidalgos basques et aux commerçants catalans.


Mais la perte en 1898 des trois dernières possessions espagnoles (Cuba, Puerto Rico et les Philippines) fut un premier grand choc national. Plus près de nous, la répression exercée par les dictatures de Primo de Rivera et de Franco, donnèrent une force nouvelle aux séparatistes de tout poil. La IIe République (dimanche 14 avril on fêtera le 82e anniversaire de sa proclamation) avait accordé de larges libertés culturelles à Basques et à Catalans. Les uns et les autres furent actifs, dans le camp républicain pendant la guerre, puis dans la lutte clandestine. La démocratie devait élérgir encore le champ de leur autonomie, au-delà de ce qui avait été fait dans les années trente.


Mais une majorité des Espagnols refuse énergiquement de nouvelles concessions au séparatisme. Certaines revendications de ces clans relèvent d'ailleurs de la pure folie. Ils s'appuient le plus souvent sur des reférences historiques remontant au Moyen Age. Regroupés au sein d'une European Free Alliance*, les mouvements les plus radicaux (ERC ou gauche républicaine catalane, BNG galicien, ETA...) ont pour projet ultime de priver la France de la Bretagne (Breizh), de la Cerdagne, du Roussillon, du Béarn, de la Savoie, de la Corse, de l'Alsace et de la Lorraine...et j'arrêterai là (nous gagnerions en revanche la Wallonie)...

Quant à la nouvelle Catalogne, outre les territoires gagnés sur la France, elle s'agrandirait des îles Baléares, du Pays Valencien....Euskadi obtiendraitrait la Navarre et, naturellement, la partie française du Pays Basque.

Cartes médiévales en main que ces balkanisateurs expriment leur droit 'inaliénable' sur les hommes et sur les terres. C'est folklorique et, anecdotique. En partie. Car les 'nationalistes' Basques et Catalans, appuyés par une forte minorité de leur population, nous parlent de tout cela sérieusement. Et cela ne fait pas rire.


Je commente cela à titre d'information. En marge du match Barça/PSG de ce soir. Et j'en profite pour poser la question sportive idiote: dans quel championnat national jouerait dans un cas de figure extrême le prestigieux Barcelona F.C.?

 

Antoine Blanca

 

* L'European Free Alliance a un inter-groupe au Parlement de Strasbourg. J'ai été stupéfié de découvrir qu'un parti 'andalousiste', fort d'un bon pourcentage de votes dans sa région, revendique aussi son autonomie. Pour ressuciter le Califat musulman de Cordoue!!!!!! Par des andalous chrétiens, faut-il le préciser?

 

 

 


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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