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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 17:42

Les relations entre la France et l'Algérie n'ont jamais été simples. L'amour proche de la haine, on connaît ça ! Cela concerne toutes les générations. Les plus anciens ont à l'esprit la guerre  et  la longue période de service militaire (guerre que les Algériens appellent "de Libération"); les plus jeunes en ont entendu parler, avec passion ou avec nostalgie. Mais, le temps passant, nos histoires s'étant séparées, les relations auraient dû se banaliser: les Etats  ont vocation à travailler ensemble. Et ils  font rarement dans le "sentimental".

Mais entre l'Algérie et la France ce n'est jamais le cas. Le sentiment est partout  passionné, amoureux ou hostile. La méfiance également.

Abdelaziz Bouteflika devait effectuer en France une visite d'Etat. C'était en juin 2009. Elle fut reportée sine die. En guise d'explication, on n'entendit que des rumeurs. Elles concernaient aussi bien les problèmes de santé que connaît le Président algérien (on se souvient de ses séjours au Val de Grâce il y a trois ans et demi), que la mauvaise humeur des uns et des autres consécutive à  des commentaires d'hommes politiques et de journalistes, fielleux ou imprudents,  d'un côté et de l'autre de la Méditerranée.


Depuis, le sujet a retrouvé toute son actualité. Sarkozy a envoyé des hommes de son cabinet à Alger pour confirmer l'invitation : on espère plus que jamais la visite de son homologue et on fera les choses en grand. Mais la malédiction paraît s'acharner. Mes amis du monde de la presse algéroise me le confirment: Bouteflika souhaite ardemment venir. Mais...Mais quoi? C'est là qu'interviennent les non-dits. Le Chef de l'Etat algérien n'a, par exemple, présidé aucun Conseil des ministres depuis le mois de janvier 2010. Au mois de mars des dépêches avaient même annoncé sa mort. Pour rectifier ensuite dans une confusion certaine: il s'agissait de l'un des ses frères, Mustapha, hospitalisé à Genève, auquel le Président avait rendu longuement visite. Et, heureusement, Mustapha ne serait finalement pas décédé...Tant mieux. Mais il reste que Paris et Alger sont depuis en état d'alerte. Faire la part de la vérité dans le flot de rumeurs n'est pas chose aisée.

En fait Algériens et Français ont beaucoup de choses importantes à se dire. Et les conversations ne peuvent aboutir que si elles se réalisent au sommet.

Prenons simplement les aspects économiques et financiers: la France a un déficit budgétaire abyssal, tandis que l'Algérie possède des réserves en devises à hauteur de 120 milliards d'euros. Des accords ne pourraient-ils pas être négociés, dans l'intérêt et à l'avantage des deux parties?

Même si l'Union pour la Méditerranée ne paraît plus faire partie des priorités sarkozystes, en parler sérieusement, peut-être même pour fermer un dossier mal parti, serait susceptible de faire sauter un verrou.

Où en est, par ailleurs, aux yeux des Algériens, l'interminable et  douloureux contentieux les opposant au voisin marocain, portant sur l'ancien Sahara occidental, la  fameuse "république sahraouïe", protégée, avec ses dizaines de milliers de réfugiés, depuis des décennies, par Alger?


Nous pourrions continuer d'énumérer les thèmes, toujours brûlants, qui pourraient enrichir un débat au sommet.

Bouteflika est un partenaire particulièrement intéressant parce que ce civil bénéficie de la confiance du seul "homme fort" véritable de l'Algérie...A savoir l'Armée Nationale Populaire.

S'il venait à disparaître rapidement, il sera difficile de trouver...l'introuvable successeur. Tant il est vrai que les militaires répugnent à rendre leur pouvoir, de fait quasi-absolu, par trop visible.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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