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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 09:58

Le Président Lula da Silva comptait sur une éléction de sa candidate au soir du premier tour de scrutin. Avec 47% Dilma a dû repartir pour quatre semaines supplémentaires de campagne.
Et cette fois, cela a été vraiment "sa" campagne.

Elle a dû surmonter une bonne dose de désappointement personnel inavoué, reprendre en main les troupes désarçonnées, donner un nouveau souffle et même un nouveau tour au débat musclé qui s'annonçait, faire face à des adversaires revigoréés par la nouvelle chance qui leur était offerte. Lula, lui, s'est fait beaucoup plus discret, donnant la priorité au suivi de ses affaires présidentielles.

Adversaires révigorés pour le deuxième tour, disons-nous?

José Serra, l'ancien gouverneur de São Paulo, devenu candidat unique de l'opposition, en premier lieu. Mais aussi Marina Silva, l'ancien ministre de l'écologie de Lula, venue d'un Etat amazonien, enfant de la misère, mais bien reprise en main par son église évangéliste, et par une certaine bourgeoisie "carioca"(1) qui découvrait que la couleur verte était dans le vent de la mode.

Marina après quelques gestes ambigus d'hésitation a décidé de... ne pas décider. Ses électeurs (près de 20 millions) voteraient en leur âme et conscience...Ce qu'ils auraient fait de toute manière: la candidate verte écartée par le suffrage universel, aucun vrai lien ne les réunissait. La mode les apporta, la mode les dispersa. Libre donc aux élus des "verts" des villes et des Etats fédérés, de conclure des alliances sur le plan local.  On ne saurait proposer de solution plus souple!

Marina, elle, sort bien diminuée: elle est la fille de contradictions qu'elle s'est avérée inapte à gérer.
Serra est non seulement devenu le candidat de l'opposition mais aussi celui de tous les conservatismes. Comme l'église catholique, comme les multiples chapelles évangélistes, celui que nous avons connu homme politique moderne, ouvert sur le monde, a endossé les couleurs de la pire réaction. L'IVG, un crime impardonnable! Que les "faiseuses d'anges" continuent de manier l'aiguille à tricoter dans les favelas. Serra n'habite pas ce genre de quartier.

Il ne l'emportera  pas au purgatoire des vaincus. Sa vie politique est terminée. Et c'est privé de toute gloire qu'il repensera peut-être à son passé des réformiste de gauche.

 

Quant à Dilma elle va reprendre des dossiers économiques et sociaux qu'elle connaît meiux que personne. Sans manquer à la fidélité due au futur "ancien président"(Lula passera officiellement la main le 1er janvier prochain), elle sera un Chef d'Etat émancipé grâce à l'apparente déconvenue de quatre semaines de campagne supplémentaires.


Antoine Blanca

(1) carioca: nom familier donné aux habitants de Rio.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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