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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 16:00

Si la candidate de Lula et de son parti restent en tête dans les sondages, le résultat final est désormais moins assuré en sa faveur.

Cela révèle que la crainte de Dilma Rousseff était fondée: faute de gagner dès le premier tour, les vieux démons allaient, disait-elle en privé, remonter des souterrains dans lesquels ils se terraient:

-- les égoïsmes traditionnels d'une bourgeoisie qui n'acceptait le pouvoir d'un président venu des profondeurs de la misère que parce qu'ils se sentainet ainsi, tous comptes faits, mieux protégés; et que finalement les plus aisés de la société brésilienne avaient bien participé de  la nouvelle prospérité;

-- la grande presse qui, bien que massivement hostile à l'action du Chef de l'Etat sortant, avait appris à retenir habilement sa plume. Il faut dire que les propriétaires de grands quotidiens et hebdos, eux aussi, s'étaient retrouvés mieux dotés après huit années de "lulisme";

-- l'église catholique et les innombrables et (aujourd'hui) influentes églises évangéliques. Elles sont très actives  dans le pays, notamment parmi les pauvres. Ces évangélistes n'ont aucun lien avec la Fédération des églises protestantes traditionnelles; catholiques (le président sortant se dit pratiquant) et évangélistes avaient obtenu de Lula qu'il renonce à son projet d'autoriser l'IVG et de mieux tolérer l'homosexualité...C'est d'ailleurs  le seul point de convergence entre le Vatican et les chrétiens d'un nouveau type.


Le ballotage, le score, meilleur que celui attendu, du candidat d'opposition José Serra, la révélation, aux yeux de l'opinion internationale, de la popularité de  l'écologiste Marina Silva, formée aux affaires par le gouvernement sortant, ont déclenché un processus de critique violente destiné à miner la candidature de Dilma encore regardée par beaucoup commme dangereuse révolutionnaire. Ses détracteurs ont retrouvé les accents les plus injurieux, propres à la droite populiste (mépris des pauvres qualifiés de parasites parce que 12 millions d'entre eux bénéficient de la bolsa-familia, sorte de revenu minimum de subsistance instauré par le gouverneme Lula). Sur ce type d'aides gouvernementales, sur le droit à l'avortement, sur la politique sociale et sur celle du logement pour les humbles, sur les améliorations apportées aux favelas, on a fait donner internet. Il est vrai que les pauvres n'ont pas d'ordinateurs, eux...

Pour changer la donne en faveur de la droite on compte beaucoup, aussi, sur une partie des 20 millions de voix qui se sont portées sur la candidate Verte. Son parti, hétéroclite à souhait, gangrené par de nombreux aventuriers de la politique, ne s'est pas prononcé à ce jour. Mais sur le terrain les élus Verts, avec l'assentiment du  président de ce micro-parti, sont totalement ambigus et préfèrent le plus souvent nouer des alliances à droite. A condition qu'elles  soient prometteuses pour leur propre avenir.

Il est vrai que Marina Silva, coqueluche d'une certaine gauche moderniste, est une adepte de l'évangélisme dont elle paraît subir l'influence intégriste.

 

Antoine Blanca

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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