Dimanche 12 février 2012
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Hier, samedi 11 février, les centristes de tout poil sont devenus fiévreux.
Spécialiste de la présidentielle, sorte de sphynx quinquennal de la politique, François Bayrou a été le premier a sonner la révolte. Alors qu'il entamait un flirt discret avec la droite
(orthodoxie économique et financière, chantre d'une nouvelle rigueur), il a douloureusement découvert, en lisant Le Figaro magazine, que Sarkozy ne s'intéressait plus à lui. Comme une
épouse humiliée il a poussé des gémissements de veuve sicilienne, juré que sa démarche était essentiellement inspirée par l'humanisme, qu'elle était donc à l'opposé du sarkozysme (dernière
version). Et, sans attendre davantage, il s'est adressé, refoulant des sanglots, à tous ses amis (très nombreux) qui l'avaient abandonné en mai 2007. Devenu biblique, il leur a dit: revenez à la
maison du Père, il vous sera beaucoup pardonné. Et de conclure, revenu sur Terre: votez pour moi!
Mais l'éveil le plus brutal a été celui de Jean-Louis Borloo. Son visage était celui d'un homme voulant secouer une pesante gueule de bois. C'est que, celui qui a été, quatre ans durant, le
N°2 du gouvernement Sarkozy-Fillon, venait de découvrir, le grand naïf, l'ampleur de la dernière manoeuvre tactique du (bientôt) candidat Sarko. Faisant preuve de sa témérité coutumière, l'ancien
super-ministre s'est exclamé: "je ne laissera pas passer ces déclarations sans réagir!" Exégètes du borlooïsme, au travail...
Par delà le commentaire ironique, quelque chose de sérieux est en train de se passer: ayant tout misé sur l'absence de la Le Pen au 1er tour, Sarkozy s'est privé de son aile modérée. Il a
choisi d'écouter Buisson, Mariani, Estrosi, Ciotti et autres grands intellectuels contre des compères plus classiques. Il a préparé son coup avec le JDD de la semaine dernière, avec
son sondage "Et si le FN...?" Le chemin du désespoir en fait: car au lieu de subir en silence, comme d'habitude, les délaissés centristes se sont mis à donner de la voix.
Et de renforcer ainsi notre conviction première: de toute manière l'ancien maire de Neuilly est f...
Antoine Blanca
Par Antoine Blanca
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