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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:44

La mort du 'Comandante-Presidente' n'aura pas surpris les lecteurs de ce blog. Elle avait été annoncée, avec une évocation des conséquences que cette dispation allait entraîner, dès le 20 février dans mon article de ce jour-là. Cette mort a plongé le petit peuple dans la douleur et l'incertitude. Même si sa succession avait été soigneusement préparée depuis son retour de La Havane, par son successeur potentiel Nicolàs Maduro, et par les activistes de son parti 'socialiste bolivarien'. Son état était déjà désespéré, après quatre opérations subies à Cuba. Le cancer a finalement été le plus fort. Le mal ne l'avait d'ailleurs pas quitté pendant la campagne présidentielle qu'il avait largement remportée dès le premier tour face au candidat unique de l'opposition, le gouverneur de l'Etat de Miranda, proche de la capitale. Il était seulement en rémission précaire.

Si Chàvez avait été physiquement en mesure de prêter serment pour un nouveau mandat devant le Tribunal Constitutionnel, une nouvelle élection présidentielle aurait pu être évitée. Le Vice-président aurait été investi à la mort du premier magistrat. Cela n'ayant pas été le cas, il y aura une nouvellle élection début avril.

Le résultat attendu devrait être sans surprise: Maduro remportera la victoire. Il pourra s'appuyer, pour gouverner, sur une large majorité parlementaire et sur 21 des 24 gouverneurs d'Etat. Car le PSUV a démontré qu'il pouvait gagner dans presque toutes les régions, en absence du Chef, alors de retour à La Havane pour une douloureuse épreuve chirugicale ultime.

Le soutien des masses à ce leader hors normes s'explique facilement. Il a sans doute été le premier président à porter une attention prioritaire à la vie des plus humbles, ces oubliés de la manne pétrolière. La pauvreté a fortement reculé, les vénézuéliens sont mieux logés, mieux éduqués, mieux soignés. Sans que, pour autant, les privilégiés de l'argent soient persécutés. Les très riches continuent à jouir de leurs biens, à l'abri de leurs clubs privés où les terrains de golf sont toujours bien entretenus par un personnel dévoué et compétent.

La sécurité des personnes et des biens s'est-elle améliorée? Difficile de se fier aux statistiques, si ce n'est que pour rappeler que les plus menacés par les criminels, occasionnels ou organisés, sont les classes populaires.

 

Ce qui n'a pas été réussi:

D'abord la dépendance de l'économie du pays de la production pétrolière. Avant l'irruption de l'or noir, le Venezuela était un grand pays d'éleveurs de bovins dans la région des Llanos (lire  ou relire Doña Bàrbara, du futur Prix Nobel de Littérature Ròmulo Gallegos*); de produits tropicaux; d'exportation de bois précieux...Autant d'activités et de richesses qui sont partiellement négligées depuis 80 ans. Dès la fin des années 30 un érudit et homme politique avertissait : "Il faut planter le pétrole". Aucun gouvenrement ne l'a vraiment entendu.

Ensuite Chàvez comme tous ses prédécesseurs ne s'est sérieusement préoccupé de mettre en ordre le pays, de bien utiliser toutes les compétences. Ce beau pays demeure un pays disons, pagailleux.

 

Demeurera avant tout, dans le domaine latino-américain, la contribution importante de Hugo Chàvez à la transfiguration de l'Amérique du sud et des Caraïbes. Davantage d'unité, davantage d'autonomie. Il  n'est que voir la réaction des gouvernements à l'annonce du décès du leader bolivarien. Si le président chilien s'est montré prudent, tous les autres ont fait connaître leur chagrin, leur affection profonde à l'égard du disparu.

On n'a pas assez souligné, enfin, l'énorme effort de solidarité consenti par le Venezuela en faveur de Haïti et des Haïtiens après le terrible tremblement de terre qui avait détruit Port aux Princes et sa région, faisant des centaines de milliers de morts.

 

Antoine Blanca


* Ròmulo Gallegos a été aussi Président de son pays au lendemain de la 2e guerre mondiale. Il fut renversé par un général, Pérez Jimenez. Homme de gauche, il avait fondé un parti, Acciòn Democràtica, socialiste au début, plus réformiste par la suite. L'AD a gagné plusieurs élections présidentielles, avec Ròmulo Betancourt, Raùl Leoni, Carlos Andrés Perez, Jaime Luisinchi (ce dernier d'origine corse). L'AD fait désormais partie de la coalition anti-Chàvez, qui va de la droite extrême au centre gauche.

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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