Lundi 26 décembre 2011
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Le Président Hugo Chàvez est serein: sa popularité ne faiblit pas, l'opposition est moins unie qu'elle ne le prétend (un candidat présidentiel unique sera désigné par une "primaire" le 12
février), le cancer qui l'a un moment affaibli paraît désormais contrôlé, les prix internationaux du pétrole demeurent élevés et, même s'il éprouve des difficultés à sa faire admettre à MERCOSUR,
ses relations avec ses voisins se sont améliorées, notamment avec la Colombie. Sa réélection est l'hypothèse la plus vraisemblable le 7 octobre 2012 si sa rémission durable se confirme comme nous
sommes en droit de l'espérer.
Sa politique volontariste en faveur de l'intégration des pays de la région est claire (son rôle prépondérant dans la création du CELAC par 33 pays latinos et caraïbéens en est la preuve). En
revanche sa stratégie politique et économique globale l'est moins. Ainsi, si chacun comprend le besoin, pour la puissance pétrolière qu'il dirige, d'entretenir des relations économiques étroites
avec le Chine et la Russie, nous avons de la peine à suivre Chàvez dans le jusqu'auboutisme(hier) de son soutien à Kadhafi, et à expliquer son enthousiasme (toujours actuel) pour Ahmadinedjad et
la théocratie que ce personnage contribue à imposer à son peuple. La générosité avec les nations centro-américaines et caraïbéennes honore le riche Venezuela. Les excès d'action et de langage
dans d'autres régions du monde que la sienne, en revanche, surprennent négativement quand ils favorisent des régimes sans fondement démocratique.
Mais le point faible principal du socialisme "bolivarien" doit être cherché dans la personnalité de Chàvez lui-même. Il a toujours beaucoup de partisans, essentiellement dans les couches
populaires auxquelles il est resté fidèle depuis son accession au pouvoir, mais il n'est jamais parvenu à faire vivre un vrai parti politique susceptible d'assurer la continuité de l'oeuvre
entreprise, en cas de disparition du père-fondateur. La République bolivarienne c'est avant tout Chàvez, son art oratoire, son inépuisable créativité, sa relation personnelle avec les masses.
Mais personne, à Caracas, n'est en mesure de prononcer le nom d'un éventuel successeur au "comandante". Personne même n'ose l'interroger à ce sujet. Et comme tout dépend de son état de santé, on
est en droit de lui demander quelle est la nature, le degré de nocivité du cancer qu'il est en train de soigner.
Président légitimé par le suffrage universel il est important pour les Amériques qu'il abandonne la pratique de l'improvisation permanente, qu'il prépare son héritage politique et social, qu'il
s'entoure d'hommes et de femmes de qualité. Qu'il se sépare aussi des flagorneurs cupides et de ses copains d'école ou de village. Bref, qu'il se montre à la hauteur d'une ambition qui ne peut se
réaliser dans la solitude.
Antoine Blanca
NB: le CELAC est né à Caracas (Conseil Economique latino-américain et caraïbéen), 33 pays le composent; ceux appartenant à l'OEA, plus Cuba, moins les Etats-Unis et le Canada.
Par Antoine Blanca
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