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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 10:23
Ce blog a déjà évoqué les circonstances des nouvelles obsèques du chanteur et poète Victor Jara. Les militaires putschistes l'avaient assassiné à petits coups, coups de pieds, coups de crosse et enfin coups de fusil, en évitant les organes vitaux et en  jouant à la roulette russe pour prolonger l'indicible agonie. Il avait reçu 43 impacts de balle. Les fascistes n'aiment pas les poètes. En 1936, Federico Garcia Lorca avait aussi été assassiné par des phalangistes dès le déclenchement du coup de force, dans "sa" Grenade.
Mais au Chili aujourd'hui, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle dans laquelle son fils est le candidat de la majorité sortante, c'est de l'assassinat politique, diaboliquement prémédité, d'Eduardo Frei Montalva qu'il est question.
Six assassins présumés ont été mis sous mandat de dépôt. Il apparaît clairement, selon la longue et minutieuse enquête conduite par le juge Alejandro Madrid, que l'ancien Président (1964-1970), a été empoisonné sur son lit d'hôpital "par l'introduction progressive de doses toxiques non conventionnelles et par l'application d'un produit pharmaceutique non conventionnel". Sa mort fut annoncée le 22 janvier 1982.
Il avait été hospitalisé pour subir une intervention bénigne et routinière.
Le principal inculpé de l'homicide est un médecin, Patricio Silva Garin, qui fut secrétaire d'Etat à la Santé publique du Président défunt. Il aurait dirigé l'opération criminelle avec cinq autres proches de l'ancien Chef d'Etat, dont un autre médecin. Tous avaient été secrétement recrutés par la police politique de la dictature.
Ces assassinats politiques (car il ne faut pas oublier celui, en plein coeur de Washington, de Bernardo Leighton, un ministre d'Allende, refugié aux Etats-Unis après le coup de Pinochet.
Ce dernier avait décidé de faire éliminer physiquement tous ceux qui pouvaient constituer des solutions alternatives, démocratiques, à la dictature. Solutions qui auraient reçu l'encouragement du Département d'Etat.
Eduardo Frei Ruiz-Tagle espère succéder au deuxième tour du scrutin présidentiel, à la socialiste Michelle Bachelet qui soutient sa candidature dans le cadre des accords PS-Démocratie chrétienne.
Frei fils a lui-même présidé le Chili post-pinochétiste entre 1994 et 2000.
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Ainsi les dictatures, en Espagne (où 140000 corps républicains sont encore enterrés sur les bords des routes), laissent derrière elles une odeur persistante de sang et de larmes.
"Les blessures du passé se soignent avec toujours plus de vérité" (Michelle Bachelet).
En Espagne, le chemin qui reste à parcourir sur la bonne voie exigera encore de longs et pénibles efforts.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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