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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 10:17
Ainsi la droite post-pinochétiste revient au pouvoir par la voie des urnes. Monsieur Piñera est-il simplement un Pinochet en costume-cravate, qui aurait laissé son uniforme au vestiaire? Certainement pas. Mais il est bien clair qu'il s'agit de la fin d'une époque: celle qui entrait dans la démocratie sur la pointe des pieds, encadrée par un engrenage constitutionnel imposé par le régime militaire, avec le souci de présenter un front commmun alliant le centre à la gauche parlementaire et de ne pas réveiller les démons du 11 septembre (celui, bien entendu, de 1973 , marqué par la mort tragique du Président Allende et l'avènement d'une dictature qui allait durer 17 ans).
Pinochet avait dû quitter le pouvoir à l'issue dune négociation imposée par la pression populaire, l'opinion internationale et l'usure du régime. Mais il n'avait pas été renversé et c'est lui qui avait transmis les insignes de  chef d'Etat à son "successeur" régulièrement élu.
Le nouveau Président, Patricio Alwiyn, était un démocrate chrétien. Mais il avait été le candidat d'une Concertation formée essentiellement par le PS et la DC. Cela a fonctionné, avec une alternance entre les deux forces politiques, pendant vingt ans. Le gouvernement était représentatif de cette alliance.
Mais la formule est aujourd'hui rongée jusqu'à la corde. C'est désormais chose établie, même si un jeune député venu des rangs socialistes a semé le trouble en emportant seul 20% des voix au premier tour. Il  a seulement  porté l'estocade à un taureau déjà moribond.
Sans doute que chacun ira, la prochaine fois, avec ses propres couleurs au premier tour. Viendra ensuite le moment de l'accord de désistement en faveur du premier arrivé. Mais n'anticipons pas.
Regardons d'abord le nouvel élu. Il a le sourire aussi facile que ses promesses. Il a réussi l'exploit de faire voter pour lui les petites gens, les humbles à qui il a promis du travail et l'expansion économique. Mais il va aussi mettre un terme, au prétexte de réconciliation, aux efforts qui avaient conduit Michelle Bachelet (qui demeure, soit dit en passant, la personnalité la plus respecté du pays) à rechercher la vérité sur les crimes de la dictature.
Si je voulais résumer la nature du personnage, j'oserais dire qu' il est à mi-chemin entre le Giscard de 1974 (regardez comme je suis simple et souriant), et le Berlusconi de l'an 2000 (regardez comme je suis riche, donc puissant).
Bref, il a tout pour qu'un homme de gauche le déteste. Démocratiquement, bien entendu.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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