Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:10

Hier, suite à la condamnation de Jacques Chirac, François Hollande a réagi avec mesure, voire avec une compassionnelle indulgence. Proximité corrézienne sans doute, humanisme propre à un socialiste jauressien aussi...Cela honore le candidat socialiste. Mais ne doit pas nous faire oublier pour autant les procès auxquels l'ancien maire de la capitale a échappé (souvenons-nous des "frais de bouche", par exemple). Et surtout la férocité de l'homme politique qui ciblait la gauche. Car si nous étions nombreux à nous être réjouis de sa contribution malicieuse à la marginalisation de Giscard, nous ne devons pas moins garder à l'esprit son attitude durant la première cohabitation (86/88): un vrai "tueur" qui avait établi un cordon sanitaire autour de l'Elysée, cordon que ni les ministres, ni les hauts fonctionnaires n'étaient autorisés à franchir. Chose plus aisée pour les premiers que pour les seconds: ambassadeur en Argentine, ayant  demandé audience au Président dès juin 86, je m'entendis dire par Matignon qu'une visite à Mitterrand équivaudrait à un casus belli avec Chirac. Et que j'en souffrirai les conséquences...Je n'échappais à la vindicte du Premier ministre que parce que mon intervention à Buenos Aires, en faveur d'un énorme contrat de la compagnie pétrolière argentine (YPF) avec Total, avait été jugée indispensable par le PDG François-Xavier Ortoli.

Pendant les premiers mois de la cohabitation, le palais de l'Elysée était une sorte de désert. On traversait cours et couloirs sans rencontrer âme qui vive. Même les fameux huissiers en prenaient à leur aise. François Mitterrand surmonta cette épreuve avec succès grâce à ses capacités exceptionnelles d'homme de caractère. Et surtout d'homme d'Etat. En 1988, c'est Jacques Chirac qui termina en miettes après avoir prononcé toutes les mauvaises phrases (les odeurs dans les HLM à émigrés...) et tenté tous les mauvais coups au-dessous de la ceinture.

Il est naturel de laisser le passé de côté pour se concentrer sur les échéances et les adversaires les plus immédiats. Mais laisser de côté ne doit pas signifier oublier.

Antoine Blanca

NB: Le Maire Chirac dépensait en 2 semaines en "frais de bouche", ce que le Maire Delanoê dépense en un an.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens