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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 11:20

Il y a des femmes exceptionnelles au Guatemala. L'une d'elles, une descendante en ligne directe de paysans mayas, est même devenue prix Nobel de la Paix. Nous parlons de Rigoberta Menchù. Mais aucune femme n'a accédé à la magistrature suprême. L'épouse de l'actuel président Alvaro Colom veut pallier ce manque. Elle est même prête à se sacrifier personnellement et à vaincre les obstacles institutionnels qui viendraient à faire obstacle à son dévouement.

Il en va ainsi, surtout, d'une disposition de la Constitution, qui interdit aux parents du président sortant (jusqu'au quatrième degré), d'être candidats (et aux proches par alliance jusqu'au deuxième degré).

Du coup Sandra Torres Casanova, va divorcer de Monsieur Colom. Un "sacrifice familial". Une forme élevée de patriotisme, affirme-t-elle en privée.

Dans les Amériques latines on ne parle que de ça. Presse politique et presse "bling-bling" ont trouvé un sujet commun.
Mais entendons nous bien: Sandra, la belle quinquagénaire, n'est pas une ménagère résolue à abandonner ses fourneaux. Pendant le mandat d'Alvaro elle a envahi littéralement les ministères, préparé et fait voter des lois,  (au demeurant pertinentes et progressistes), parcouru le pays centre-américain dans tous les sens, intervenu en faveur de la  création de services de santé pour tous et de l'obtention de bourses d'études pour les fils de familles pauvres.

Bousculant parfois la légalité. Ministres et parlementaires la regardent avec une horreur respectueuse. Si la Cour constitutionnelle l'autorise elle divorcera par les voies les plus  rapides. "Pour se marier avec le peuple" (ce sera son troisième mariage).

L'élection est fixée au 11 septembre.

Le Guatemala n'est pas un pays qui donne souvent l'occasion de rire ou de sourire. Il y a 14 mois à peine un avocat connu, membre de l'opposition, s'est suicidé, non sans avoir enregistré auparavant un DVD, rendu public après sa mort, où il disait en substance: "je me sacrifie pour dénoncer les crimes du couple présidentiel". L'enquête d'une commission indépendante avait blanchi les supposés commanditaires de crimes contre l'opposition.

Mais surtout ce pays maya a été martyrisé pendant des décennies par des milices fondées par de gros propriétaires et a été plusieurs fois envahi par des mercenaires à la solde de la CIA. Des présidents régulièrement élus ont été renversés. Entre 1954 et 1995, on estime à 100000 le nombre de paysans indiens massacrés. Relisons deux livres du Prix Nobel guatémaltèque de littérature, Miguel Angel Asturias (longtemps ambassadeur à Paris), Hombres de maiz et Señor Presidente. Pour mieux comprendre ce pays complexe.

Et mieux savourer l'intermezzo du divorce au sommet...

 

Antoine Blanca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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