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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 09:44
La gauche en Europe recherche un nouveau souffle. Elle veut présenter un nouveau visage à ses électeurs naturels, mais peine à en dessiner les contours et à gérer les contradictions qui la minent. Chez nous, en France, ces contradictions ont, depuis 2002, la spécificité suivante: une majorité de citoyens veille à ce que la gauche en général et les socialistes en particulier, constituent une sorte de contre-pouvoir protecteur à partir des communes, des départements et des régions. Pour nous confier les destinées de la République ils attendent encore. Le Messie? En quelque sorte. Une voix puissante, en tout cas, qui soit capable de leur donner de nouvelles raisons de se mobiliser et, pour tout dire, d'espèrer.
Mais pour aller au combat, ne bougeons d'où nous sommes, de notre socle idéologique de base déjà bien malmené par la nouvelle et insipide "Déclaration de principes".
Je pense pour ma part que l'on se tromperait irrémédiablement si l'on venait à toucher aux "fondamentaux" du Socialisme. Par exemple, à mon sens, Lionel Jospin a pris les chemins de la défaite quand, en présentant son programme il a tenu, par honnêteté sans doute, à affirmer qu'il ne s'agissait pas d'un "programme socialiste". Il voulait rassurer la partie la plus frileuse de notre électorat. Mais dans les faits il a démobilisé une partie de notre électorat naturel sans nous apporter des troupes fraîches venues de ce centre politique aussi fluctuant qu'imprévisible.
Bien entendu aucune de nos victoires électorales ne s'est construite sur une claire volonté d'abattre le capitalisme et sur une vocation proclamée d'établir une société socialiste ou collectiviste. Mais ni le Front populaire, ni les 110 propositions de 1981 n'étaient autre chose que des projets réformistes. Des avancées importantes vers la naissance d'une France nouvelle plus juste, plus égalitaire. Non le bouleversement social et économique que voulaient les congressistes de 1905.
Mais on se gardait bien de proclamer haut et fort le caractère purement réformiste du projet.
Bien entendu nous savons tous que la gauche seule n'est pas actuellement majoritaire dans l'électorat. Mais c'est au centrisme, bourbeux par essence, de négocier avec nous, à partir de   propositions et des réflexions qui seront les siennes, un éventuel programme de gouvernement. On peut les inviter à venir chez nous sans, pour autant, partager notre lit.

Le débat qui est en cours au PS, à la fois étendu et approfondi, va finir par répondre à l'attente du peuple de gauche en débouchant sur des propositions qui lui feront retrouver l'espérance. Ce débat révélera aussi de nouveaux talents militants et confirmera la solidité de plus anciens. Nos victoires ont toujours été le fruit de longs et pénibles efforts. Sachons les canaliser, sachons vaincre aussi la tentation d'abandon qui parfois nous gagne.
Il n'y a pas d'autre chemin.

Antoine Blanca
La France parviendra, une fois de plus, à éclairer l'Europe progressiste de ses lumières. Cette Europe aujourd'hui aux prises à un désarroi démobilisateur que le spectacle de la médiocrité de ses dirigeants brxellois paraît justifier.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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