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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 10:34
Le Costa Rica est un petit pays presque sans histoire. "Presque" parce que tout est singulier dans cette République d'Amérique centrale:
-- sa géographie, avec le Nicaragua au nord (le rio San Juan, seul fleuve navigablle de la région centro-américaine, fait office de frontière), et le Panama au sud, difficilement accessible par voie terrestre du fait des épaisses forêts tropicales; ses deux façades maritimes, la mer des Caraïbes à l'est et l'océan Pacifique à l'ouest;

-- son peuplement, à 85% d'origine européenne et ses 12% de descendants d'esclaves noirs concentrés sur la côte caraïbe;

-- sa vocation agricole: cette partie du monde n'a pas intéressé les aventuriers à la recherche de métaux précieux, de gaz ou de pétrole;

-- sa stabilité démocratique depuis plus de 60 ans. Le Président sortant, Oscar Arias, partage avec Barack Obama la singularité d'avoir reçu le Prix Nobel de la Paix.

-- son offerte touristique s'appuyant sur la splendeur de la nature tropicale et sur l'accès à deux mers; mais aussi sur la sécurité: la grande délinquance et le trafic des drogues ont été, jusqu'à présent, bien contenus.
A ces spécificités va s'ajouter l'élection, pour la première fois de son histoire, d'une femme à la tête de la République.
Elle est membre, depuis sa jeunesse, du Parti de Libération Nationale. Il a été fondé en 1948 par José (Pepe) Figueres. Ce dernier avait alors organisé une armée citoyenne pour abattre la dictature. Après sa victoire et son élection à la présidence, il abolit la peine de mort, fit adopter une Constitution qui ne laissait pas de place aux forces armées (il existe une police dont les 100000 membres veillent sur la sécurité intérieure et les frontières maritimes et terrestres). La Constitution donnait aussi pour le première fois le droit de vote aux femmes et aux noirs. En outre il se proclama lui-même immédiatement inéligible (Il sera élu pour un deuxième mandat huit ans après avoir quitté le palais présidentiel). Don Pepe demeure une des figures les plus intéressantes de l'Amérique latine, même si elle est peu connue des politologues. La modestie n'attire pas dans notre monde médiatique)
Le PLN, se reconnaît dans la gauche réformiste. Membre le l'Internationale socialiste, ce parti, qui détient les rênes du pouvoir après deux élections sur trois, regarde davantage du côté des démocrates américains que du socialisme européen.
La nouvelle élue, Laura Chinchilla, formée à l'Université de Georgetown de Washington, spécialisée, comme son professeur de papa, dans les finances, est la vice-présidente sortante. Elle a été à 34 ans nommée vice-ministre de José-Maria Figueres (fils de Don Pepe), et a occupé aussi plus tard le portefeuille très sensible de la sécurité.
Cette belle femme brune, est donc, à l'approche de la cinquantaine, une habituée de l'exercice du pouvoir. Elle va se positionner dans la continuité de l'administration précédente. Avec un regard particulier en direction des services de sécurité qu'elle souhaite renforcer pour attirer davantage de touristes..
A ma connaissance elle est la troisième femme (après Violeta Chamorro au Nicaragua, et Michelle Bachelet au Chili) à exercer la magistrature suprême en Amérique latine.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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