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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 16:09

Washington a manifesté publiquement sa satisfaction: les autorités cubaines, en autorisant le survol de leur territoire afin d'accélérer l'envoi de l'aide humanitaire pour Haïti (à partir de la base militaire US de Guantanamo), ont fait preuve d'esprit d'ouverture et de responsabilité. Une telle attitude n'a pas surpris les observateurs indépendants: dans un passé récent, à l'occasion des catastrophes naturelles qui ont affecté ses voisins, Etats-Unis inclus, La Havane s'est toujours montré bon voisin. Mais cette fois le gouvernement Obama a décidé de prendre en compte le message discret qui lui était adressé.
Comme s'il n'attendait d'ailleurs que cela.
C'est une sous-secrétaire d'Etat qui a été envoyé sur la grande île caraïbe, à la tête d'une délégation de bon niveau, pour discuter avec son homologue cubain. On attendait une telle démarche depuis cinq ans. D'aucuns avaient espéré que la nouvelle administration allait accélérer le processus. C'était mal connaître l'extrême prudence du Président américain quand il s'agit d'effectuer des gestes significatifs. Surtout quand ils s'apparentent à une rupture avec le passé.
Obama attendait une occasion opportune pour agir. Le désastre provoqué par le tremblement de terre de Port au Prince a ouvert la voie à une coopération parallèle ( mais effective), des deux Etats en quasi-guerre permanente depuis avril 1961 ( date de l'agression organisée par la CIA, avec des troupes d'exilés contre-révolutionnaires, sur les plages de la Baie des Cochons).
On espère, en Europe comme dans toute l'Amérique latine, que ces conversations iront aussi loin que possible dans le rapprochement des points de vue. Et se traduiront, de facto, par un assouplissement de l'embargo que Washington impose au peuple cubain depuis près d'un demi-siècle.
Pourquoi continuer de céder à la pression des chefs de la communauté exilée de Miami. Chefs de moins en moins représentatifs, souvent même abusifs, et toujours inféodés à la droite américaine la plus réactionnaire. Ils se divisent aujourd'hui en groupes rivaux haineux qui aspirent au partage de  la succession, jamais réglée, de Màs Canosa, l'ancien et sulfureux patron de la puissante fondation américan-cubaine. Les Cubains vivant sur le Nord-continent, comme ceux restés au pays, voudraient, une fois pour toutes, pouvoir voyager librement, organiser avec leur famille des fêtes de retrouvailles, en dégustant ensemble plats et boissons traditionnels en écoutant les rythmes que le monde entier ne cesse de célébrer.
Rien, absolument rien, ne justifie la poursuite des mesures discriminatoires en vigueur. En tout cas rien de raisonnable. 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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