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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 13:37
L'incompréhension entre la Présidence Obama et les pays latinos de sa région s'est affichée haut et clair à l'occasion de la conférence (qui prend fin aujourd'hui), des pays membres de l'Alliance bolivarienne américaine. L'ALBA a été créée il y a cinq ans: une initiative  de Hugo Chavez qui, fort de ses revenus pétroliers, voulait peser davantage dans les débats régionaux en ralliant, derrière son béret  rouge, les gouvernements de tendance progressiste. Une organisation de plus? Pas dans son esprit: à l'origine il avait même l'ambition de promouvoir des échanges commerciaux entre pays latins en évitant l'utilisation du dollar, symbole monétaire, à  ses yeux, de l'impérialisme.

Mais cette deuxième réunion avait lieu à La Havane et le président Raùl Castro n'a pas laissé passer l'occasion d'adresser un message qu'il voulait fort et clair à son collègue de Washington. Onze mois après l'installation de ce dernier, en effet, les cubains attendent toujours le signe annonciateur d'un changement de politique à leur égard. Depuis près d'un demi-siècle la grande île des Caraïbes est soumise à un embargo d'une cruauté extrême. Comme elle doit faire face aux tentatives terroristes de groupes armés, agissant à partir de la Floride. Comploteurs permanents, gangsters protégés de la CIA. Il y a quelques semaines la presse américaine a révélé, chiffres et preuves à l'appui, que nombre de congressistes étaient subventionnés, à coups de dizaines de millions de dollars, par la richissime "Fondation américano-cubaine", afin qu'ils veillent au maintien de la loi sur l'embargo. Et, naturellement, nombre de journalistes sont financés par le même lobby et se sentent ainsi encouragés à poursuivre leur entreprise de diffamation contre le gouvernement  fidéliste.
On avait pu espérer plus et mieux de la part du nouveau Prix Nobel. Par exemple qu'il libéralisât les échanges touristiques et culturels. entre les deux pays voisins. Et, simple geste de vérité, qu'il rayât Cuba de la liste officielle, pour le FBI, des "pays terroristes" . Ce serait le moins de la part de nord-américains qui ont parrainé des dizaines d'attentats contre le Chef de l'Etat cubain; et même fait exploser un avion transportant des sportifs, faisant 84 morts, jeunes pour la plupart.

Mais, comme ce blog l'a rappelé à plusieurs reprises, Barack Obama n'a pas inscrit l'Amérique latine sur la liste de ses priorités. Même les gouvernements les plus bienveillants vis-à-vis de Washington manifestent de l'amertume devant l'étalage de tant d'indifférence. Lula vient d'ailleurs de le dire avec une certaine solennité.
En revanche les démonstrations de force militaire se multiplient (projet d'utilisation massive de bases militaires en Colombie, réactivation du déploiement spectaculaire de la IVe flotte sur les mers de la région), et la reconnaissance du nouveau régime hondurien, conséquence indirecte d'un putsch militaire, a rappelé à beaucoup de démocrates latinos, de bien tristes souvenirs.
Alors les cubains, remarquables de discrétion depuis l'élection du sénateur Obama à la présidence, après avoir envoyé mille messages sur leur volonté de dialogue, ont décidé de hausser le  ton. La conférence de l'ALBA à La Havane leur a donné l'occasion de revenir à un langage plus traditionnel. Dénonciation de "l'offensive hégémonique", de l'agression contre l'Amérique latine dans son ensemble et "revitalisation de l'esprit bolivarien" en se préparant à l'affrontement entre deux forces, celle du progrès et celle de l'impérialisme...On revient donc à un langage qui aurait pu être archivé...Si seulement Washington l'avait voulu.
 
Antoine Blanca

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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