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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 09:06

Jean-Claude Duvalier n'a pas été, au cours des années  d'exercice, réel ou supposé,  du pouvoir, le monstre que l'on se plait à décrire aujourd'hui.

A moins que le médias, par paresse ou ignorance, ne confondent le père et le fils.

François Duvalier, médecin de son état, était devenu non un dictateur , mais un tyran sanguinaire. Sous le prétexte, du moins au début, de défense de l'identité nationale d'une république fondée par d'anciens esclaves noirs, bradissant volontiers le drapeau de la "négritude" ,"Papa-Doc" avait fini par couper son pays du reste du monde. Il prétendait faire vivre en autarcie cette partie de l'ancienne île de Hispaniola, avec ses terres accablées par la déforestation systématique et par l'érosion constante. L'ancien paradis que découvrit Christophe Colomb en 1493, est devenu un désert de collines sèches et de pierrailles.

Ignoré par le reste du monde Papa-Doc faisait chez lui selon son bon plaisir. Et son bon plaisir avait la couleur du sang. Il avait ses tortionnaires, sortis tout droit d'un film d'horreur hollywoodien, ses milices de matraqueurs et de tueurs que le peuple appela "tontons macoutes", ses cérémonies vaudoues pour rester dans la tradition des ancêtres. Pas un opposant, pas un intellectuel ne sortit indemne de cette période. Presque tous, en fait, y laissèrent la vie. Les plus chanceux parvinrent à se réfugier en France, à New-York ou au Québec
A la fin de son règne le tyran était devenu un redoutable mégalomane. Jean-Claude, son gros garçon sans éducation ni volonté, ne se voyait pas en chef politique, encore moins en chef d'Etat. Quand elle commença à voir la santé de son mari décliner, "Mama Doc" entreprit de préparer l'adolescent à son avenir. Or lui, qui n'avait jamais désobéi à sa terrible maman s'enferma dans le refus. "Je veux pas être président, nah et nah!" Le jour de la cérémonie d'investiture il resta cinq heures enfermé dans sa chambre. En usant de toute l'autorité de l'entourage, et un peu de la force, on parvint à l'habiller pour la cérémonie. Où on le traîna littéralement.

C'est qu'un tyran, quand il meurt, laisse beaucoup d'orphelins. Sans duvaliérisme ses serviteurs les plus zélés perdaient plus que leurs bien mal acquis. Tous savaient que les coupe-coupe du petit peuple attendaient leur heure.

Bébé-Doc a été dictateur malgré lui. Mais il savait surtout que tôt ou tard il aurait à rendre des comptes. Pendant ses années de pouvoir il vécut dans la crainte et sous la domination de la belle-famille.

L'homme souffre surtout d'un QI au-dessous de la moyenne établlie par l'OMS, comme le prouve son piteux retour au pays pour "demander pardon"...

Antoine Blanca

 

 

 


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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