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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 14:22

La 10 décembre est jour de fête pour l'ONU. Tout comme il l'est pour les droits de l'homme. Mais au terme de la conférence de Durban sur la prévention des conséquences des changements climatiques en cours, ni les Etats membres de l'Organisation, ni les défenseurs institutionnels des Droits de l'Homme n'ont de raison de pavoiser. Car si à Kyoto on était parvenus à un compromis acceptable (comme c'est le cas pour tout bon compromis), après la réunion de Durban la communauté internationale a beaucoup de mal à dissimuler un cruel échec. A la mesure des espoirs qu'elle avait placés dans ce nouveau rendez-vous mondial.

Que signifie ce résultat négatif? Essentiellement il est la conséquence du refus des grands pays émergents à considérer le problème majeur posé par la consommation sauvage d'énergie et par une production industrelle anarchique et à progression géométrique. L'argument avancé est toujours le même, qui s'adresse aux puissances industrialisées traditionnelles, bien installées: "vous avez fait n'importe quoi et agi n'importe comment depuis un siècle et demi. Et maintenant que nous avançons, vous prétendez freiner, sans contre-partie, notre élan!" Et d'ajouter:

"Donnez les premiers l'exemple du sacrifice, nous vous rejoindrons quand nous aurons atteint un niveau de développement correspondant à nos intérêts nationaux!" 

Un dialogue de sourds d'autant plus insupportable qu'il s'exprime davantage par des sous-entendus que par des discours assumés.

En attendant la dégradation générale s'accélère.

Il n'y a cependant pas de solution alternative à la poursuite, même chaotique, de ce qui a été entrepris à Kyoto. Un nouveau rendez-vous a déjà été convenu, les agences spécialisées du système onusien vont continuer de travailler (1) et l'humanité d'avancer lentement, mais sûrement. à la recherche de solutions susceptibles d'éviter une accélération des déséquilibres planétaires qui nous menacent.

Tout concourt à renforcer notre conviction: l'ONU, en dépit de tous ses défauts (dont nous sommes collectivement resposables) demeure le fondement indispensable de la construction lente, mais certaine, d'une société plus sereine, d'une humanité meilleure et plus éclairée. Durban aura été une déception. Il y en a eu d'autres dans le passé et il y en aura encore dans l'avenir. Mais la conférence a néanmoins facilité des échanges, encouragé le dialogue, contribué à une réflexion globale. L'outil est fragile. Mais il demeure indispensable à une cohabitation constructive.

Antoine Blanca

1- avec la contribution solide des ONG reconnues par le Conseil économique et social de l'ONU.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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