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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 09:43

En Espagne, à la veille de chaque scrutin, local, régional ou national, réunions et manifestations sont interdites par la Constitution. On appelle cela "journée" ou " journées" de réflexion.

Les manifestants de la Plaza del Sol de Madrid, et sur bien d'autres forums dans le reste de la péninsule, ont décidé de contrevenir à la loi, en dépit d'un rappel à l'ordre de la Cour constitutionnelle. Or demain, dimanche 22 mai, les Espagnols vont voter un peu partout pour renouveler des conseils municipaux et des Communautés régionales. Ce scrutin va devoir se dérouler dans des conditions bien particulières.

Certains ont fait trop rapidement le rapprochement avec les événements qui ont abouti, du moins en Tunisie et en Egypte, au renversement de régimes autocratiques. Or si la méthode utilisée pour convoquer les masses est identique (utilisation des réseaux internet, bouche à oreille), l'Espagne est une démocratie parfaitement intégrée à l'Union européenne dont elle partage les valeurs. Les socialistes du PSOE exercent encore le pouvoir central, mais les partis d'opposition, de droite ou de gauche, nationalistes ou régionalistes, auraient logiquement dû être en position de canaliser les manifestations. Il n'en est rien: les jeunes, surtout des diplômés sans avenir et sans logement, se veulent totalement indépendants de toute organisation politique ou syndicale. "Nous revendiquons le droit à l'avenir", disent en substance leurs pancartes.

Tous savent que le Président (du gouvernement), M.Zapatero ne donnera pas d'ordre de dispersion brutale et, naturellement, ne fera pas tirer sur la foule.

Demain dimanche 22 mai les citoyens vont aller aux urnes pour infliger une nouvelle défaite à la gauche démocratique. Les Espagnols vont donc voter, -- à rebours des revendications des jeunes qui expriment leur désarroi--, en faveur d' une société encore plus libérale, plus favorable aux privilégiés. Plus déséquilibrée et plus injuste.

C'est un paradoxe de taille. Matière à réflexion de fond pour la gauche de gouvernement (Zapatero l'a publiquement reconnu). Les "communistes et associés" de la IU (gauche unie) doivent s'interroger encore davantage sur les raisons pour lesquelles cette jeunesse les ignore, les jugeant, a priori, incapables  de répondre à leurs aspirations.

Une seule chose est certaine: le libéralisme ambiant, l'idéologie dominante, n'apporteront aucune solution aux problèmes posés, encore pacifiquement, dans la rue. Le PSOE doit donc, en cette "journée de réflexion", commencer à lancer de nouvelles pistes pour rompre avec un système politico-économique qui broie la jeunesse.

Et quand on dit "en Espagne..."?

 

Antoine Blanca

 


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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