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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:50

En Espagne, si la droite a gagné sans même avoir présenté de programme, elle s'empresse, une fois installée, d'afficher sa détermination à mettre en marche un projet réactionnaire impressionnant. Au sens propre du mot réactionnaire: un retour en arrière de plus d'un demi-siècle. Car elle est emblématique, la décision de donner carte blanche aux employeurs pour licencier, sans préavis ni payer d'indemnités, leurs salariés. Une mesure qui ouvre la voie à beaucoup d'autres du même acabit.

Quelle sera la riposte politique et syndicale? La gauche, essentiellement le PSOE, est KO debout depuis sa toute récente défaite électorale. Elle a du mal à retrouver son souffle. Quant aux deux grandes confédérations de travailleurs, UGT socialiste et Commissions ouvrières, organisation née dans la clandestinité anti-franquiste (proche des communistes), elles ont appelé à une manifestation unitaire ( la semaine prochaine) et envisagent de convoquer une grève générale à une date non précisée...

Mais il s'agit là d'une sorte de service minimum et le scepticisme, quant à l'efficacité immédiate de telles actions, domine les esprits.

Les débordements répétés, par des groupes violents, en Grèce (où les syndicats souhaitaient faire des démonstrations pacifiques de force), inquiètent la gauche espagnole qui est en train de renforcer son propre service d'ordre. Le chaos pour le chaos n'a jamais fait avancer la cause démocratique.(1)

Le constat, douloureux pour salariés, retraités, travailleurs des villes et des campagnes, est que ces mouvements de protestation se heurtent à un mur invisible mais insurmontable. D'où, Impuissance, désarroi. Que faire alors que l'on promet de plus en plus de sang et de larmes pour le seul profit de Wall Street, la City de Londres et le CAC 40 (dont on vient d'annoncer que les profits ont augmenté de 37% en 2011, par rapport à l'année précédente).

Que faire? Analyser le plus froidement possible la situation au niveau européen, tant au niveau des partis de la gauche démocratique qu'à celui des organisations syndicales. La période électorale actuelle n'est pas propice aux projets de réorganisation portant sur le moyen et le long terme. Mais le début de l'espoir pourrait venir de France avec la victoire probable de François Hollande. A condition que la gauche européenne la considère comme la première lueur d'espoir au milieu de tous ces décombres (2).

Antoine Blanca

1- Combien de manifs, de grèves générales se sont avérées inopérentes, désespérantes en Grèce? Espagnols, Portugais veulent éviter les mobilisations qui demeureraient symboliques.

2- Nous sommes inquiets de constater la décrépitude des partis démocrates socialistes (et des confédérations qu'ils contrôlaient) dans la plupart des pays scandinaves tout comme dans le Royaume Uni. Sans idées et sans ressort. Les Français peuvent-ils contribuer au renouveau? Il faut l'espérer. Car la droite gouverne en Europe par défaut.

La solution ne peut être que politique, fruit d'un long et profond exercice de reconstruction à l'échelle européenne.

 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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