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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 09:51

Ces dernières semaines une soixantaine de prisonniers ont été libérés à Cuba et, en accord avec les autorités espagnoles, pu rejoindre Madrid où ils ont retrouvé femme et enfants. La diplomatie vaticane a joué et joue encore un rôle significatif dans cet événement. Une bonne décision de la part du gouvernement que préside Raùl Castro. Une vraie frustration, en revanche, pour les activistes d'extrême droite de la Fondation américano-cubaine de Miami: les libérés affichent, et nous nous en réjouissons pour eux, une santé resplendissante. Ils ont du mal, en dépit des sollicitations pressantes de la presse internationale, à décrire leurs conditions d'emprisonnement comme infra-humaines. En fait ils présentent la même prospérité physique qu'un GI américain libéré de son service en Irak.

La droite parlementaire espagnole a bien tenté de tirer profit de la situation ,en s'emparant littéralement des nouveaux venus. Peine perdue. La plupart se sont montrés réticents à collaborer.

J'ai vu les images de la télé espagnole montrant ces immigrants bien particuliers, déambulant en groupes dans les rues madrilènes, voyageant dans le métro, s'installant à une table de restaurant. J'ai entendu une seule déclaration: une référence aux cinquante ans de dictature que "le peuple cubain supportait". A contrario cela signifiait que, pour l'intéressé, avant la victoire des "barbudos" de la Sierra Maestra, Cuba était une sorte de paradis sur terre. Pourtant, nous le savons bien: le régime de Batista était le type même de tyrannie sanguinaire, corrompue au point d'être considérée par la Mafia ( voir "le Parrain 2") comme sa chasse gardée. La grande île caraïbe était pays de Cocagne pour les propriétaires de casinos, de bordels pour toutes les classes de la société étatsunienne, du crime organisé sous toutes ses formes, des pédophiles et des drogués. Les grandes fortunes venues du continent voisin y possédaient des propriétés de rêve avec un port privé et payaient leurs impôts directement dans les poches de Batista et de sa police.

Je me tiens à la disposition de tout compatriote, militant politique ou journaliste, homme politique ou entrepreneur, qui serait disposé à débattre sérieusement aveec moi sur la réalité cubaine d'hier et d'aujourd'hui.

Hélas, quand je veux entamer une discussion avec, par exemple, un dirigeant de mon Parti (PS), sur Fidel et Cuba, on me coupe immédiatement. Il s'agit d'un dictateur communiste. La messe est dite. "Antoine, me dit-on, cesse d'être un nostalgique de temps héroïques. Le "Ché", oui, puisqu'il est mort et, en conséquence, c'est un type bien. Mais Castro et le castrisme!!! Parlons d'autre chose..."

Il est regrettable que le PS n'organise pas un colloque sur, par exemple, "Fidel Castro et la gauche en Europe et aux Amériques". Et puisqu'on parle de "droits fondamentaux", pourquoi ne pas traiter des droits économiques et sociaux, du droit au développement?

Et s'agissant aussi du droit à une justice équitable, pourquoi ne pas évoquer la condamnation à d'interminables peines de prison de cinq citoyens cubains, qui ne sont même pas autorisés à recevoir la visite de leur famille. Alors que leur procès a été tronqué de bout en bout par un tribunal d'exception du gouvernement fédéral américain.

Ah, oui! Vraiment, je voudrais pouvoir débattre de tout cela sans me voir opposer une fin de non-recevoir hautaine de la part de donneurs de leçon de démocratie!

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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