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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 12:23
Un article de ce blog avait déjà mis en garde contre le champ libre laissé à un pays sans Etat susceptible de  servir de base permanente, dans une zone hautement stratégique, aux fous d'Allah. Il  s'agissait de la Somalie. Le réveil est aujourd'hui à la fois tardif et cruel. Je rapportai  dans ledit article que, occupant alors une haute position à l'ONU à New-York, l'ambassadeur onusien de ce pays de l'Afrique de l'est  m'avait subitement rendu visite pour me demander de l'aide. "Mon pays a disparu en tant que Nation organisée. Je suis depuis hier sans bureaux, sans résidence et, cela va de soi, sans salaire puisque je n'ai plus de gouvernement". Il préccisait que, visiblement , tout le monde s'en moquait. La Somalie n'avait ni richesses naturelles significatives, ni force militaire menaçante. On pouvait donc regarder ailleurs, là où il y a du pétrole, des pierres précieuses, ou les deux.
Cela se passait au début des années 90.
Mon collègue et ami somalien se trompait. Les Américains envoyèrent des troupes pour une opération de pacification mal préparée. Attaquée par l'une des milices tribales, ces troupes perdirent 19 hommes, des chars et des camions furent brûlés.
Après ce drame tout le monde se retira. L'ONU créa une commission de conciliation dirigée par un ancien ministre des relations extérieures algérien. Malgré ses efforts et l'aide apportée par les saoudiens et les Emirats, en dépit de ses efforts et des risques personnels qu'il consentit, ce brillant diplomate se vit contraint de jeter l'éponge.
Exit donc l'ONU. Aujourd'hui, même le personnel du Programme Alimentaire Mondial de l'Organisation a dû jeter l'éponge. La Somalie a bien un gouvernement théorique appuyé par la pauvre Ethiopie, mais il ne contrôle rien. Une milice islamiste et des pirates rançonneurs sont les véritables maîtres du territoire. Livré aux adeptes de Ben Laden.
Dix-sept ans après le départ de ses troupes terrestres, les Etats-Unis viennent de prendre conscience de l'erreur commise par les grandes nations. L'ignorance, l'indifférence et surtout le manque de vision stratégique finissent par se payer cher.
Le Yemen a, lui, un Etat et une armée unifiés après une longue guerre civile. Mais là aussi on vient de prendre conscience de la précarité de cette paix.
La Somalie et le Yemen sont redevenus centres prioritaires d'intérêt. En bonne compagnie: Afghanistan, Pakistan, Irak en ébullition, Iran en devenir. Et naturellement tous les pays de la région du golfe arabique.

J'ai la conviction profonde qu'on ne sortira de cette menace d'explosion généralisée que si ce sont les pays musulmans eux-mêmes qui décident d'entrer dans la lutte contre l'obscurantisme. Les occidentaux ne sont pas en mesure de le faire à leur place. Ils doivent aider avec force et discernement les armées des nations amies. Mais l'intervention directe est, d'ores et déjà , un échec sans issue. Une partie de la population les tiendra toujours pour des envahisseurs et les traitera comme tels.
Les fous d'Allah interprètent l'Islam comme si tout était figé depuis sa naissance en 622. Tout en menant leur prétendue djihad  non  avec des sabres et des flèches, au galop de leurs chevaux ou au pas majestueux de leurs dromadaires, mais avec des armes bien modernes.
Mais surtout ils ont face à eux des interprètes du Coran et de la Chariah qui, sur le terrain en tout cas, n'osent, par crainte ou timidité, opposer lpubliquement leur lecture actualisée du message divin à Mahomet à celle, imbécile et criminelle, des emirs d'Al Qaïda et des Talibans. Et de ceux qui vont jusqu'à  invoquer la naissance d'un nouveau Califat (empire musulman imposé par les successeurs de Mahomet et de ses compagnons).
Si les peuples musulmans ne réagissent pas eux mêmes avec leurs propres fondements idéologiques, comment imaginer que que nous puissions le faire à leur place. Nous, qu'il est si facile de qualifier de nouveaux croisés.
C'est la seule voie réaliste exprimée avec douleur par un laïc convaincu.  Avec les scrupules qui accompagnent son énoncé.
Un diagnostic clinique ne vaut pas profession de foi.
Car je suis convaincu que l'heure n'est pas encore venue à l'avènement de nouveaux Mustapha Kamal.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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