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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 10:36

Dans les milieux qui sympathisent avec la gauche le sentiment de frustration est perceptible. D'autant  que l'opération "primaires citoyennes" avait mobilisé au-delà de toutes les espérances. Ce qui était la campagne de tous les dangers (les candidats pouvant être tentés de s'affaiblir mutuellement en oubliant la nature de l'objectif final) avait été au contraire une démonstration de dialogue ouvert, courtois sans pour autant céder à la  mièvrerie. Et puis, la fête télévisuelle finie, tout le monde avait dû descendre de son nuage. Il fallait passer aux négociations de terrain avec des alliés difficiles et ambitieux. Aller au charbon, c'est aussi ne pas craindre de se noircir un peu les mains et les habits.

Et surtout, il fallait que le vainqueur de la primaire, trouve sa juste place dans le combat que le candidat sortant avait déjà, pour sa part, engagé, en déroulant, sans pudeur ni mesure, tous les privilèges de sa fonction. Quel rôle pour le Parti, les élus à tous les niveaux, l'équipe de campagne? Même sur le plan matériel les réalités ont été dures à affronter. A commencer par la recherche de locaux dans un quartier de luxe, aisément accessibles à tous les acteurs et activistes, proches des assemblées parlementaires et de la rue Solférino, à la fois spacieux et à loyer convenable, libres dans l'immédiat, mais libérables, sans pénalités excessives, six mois plus tard.

Le candidat, lui, devait respecter une double fidélité: aux décisions des instances partisanes et aux accords conclus avec des tiers; et à des électeurs beaucoup plus indépendants qui ne cessent de demander mezza voce que François Hollande ne soit pas prisonnier d'une rigidité imposée. Son équipe de campagne, forcément trop large parce que susceptible de  représenter toutes les sensiblités et les compétences, devait apprendre à travailler de concert. Or l'opinion, à en croire les commentateurs, voulait, de manière contradictoire, et que le candidat manifeste un vigoureux leadership, et qu'il se montre consensuel.

Guidé par son tempérament et par l'exemple mitterrandien, François le Second a donné du temps au temps. Des semaines de réflexion, d'observation, d'évaluation. Il se sent maintenant disposé à entrer dans le vif du sujet. Après les rois, la campagne va vraiment commencer.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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